Le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, le 6 avril 2012, lors d'une procession pour le vendredi saint à Montmartre.
Le cardinal André Vingt-Trois, président de la Conférence des évêques de France, le 6 avril 2012, lors d'une procession pour le vendredi saint à Montmartre. - REVELLI-BEAUMONT/SIPA

E.O.

Une prière, et beaucoup de vagues. Le cardinal André Vingt-Trois a envoyé aux diocèses une prière au message fortement politique, destinée à être lue aux fidèles au cours des messes du 15 août, jour de l’Assomption. Dans ce court texte, le religieux appelle de manière à peine voilée à faire barrage au mariage gay et à l’adoption par des couples du même sexe, des mesures que François Hollande a promis de mettre en place courant 2013.

Le président de la Conférence des évêques de France s’adresse ainsi à «celles et ceux qui ont été récemment élus pour légiférer et gouverner» et demande que «leur sens du bien commun de la société l’emporte sur les requêtes particulières». Plus loin, le religieux formule le vœu que «les enfants et les jeunes» «cessent d’être les objets des désirs et des conflits des adultes pour bénéficier pleinement de l’amour d’un père et d’une mère».

«Essentiel de conscientiser l'opinion»

La prière proposée par Mgr Vingt-Trois est d’autant plus remarquée qu’elle répond à une tradition remontant au 17e siècle mais tombée en désuétude après la Seconde guerre mondiale. Mais, justifie le porte-parole des évêques de France dans le préambule du texte envoyé, «devant  la  gravité  de  choix  sociétaux de portée considérable, il est essentiel de conscientiser l'opinion au-delà de la sphère pratiquante habituelle».

Le message à peine implicite de la prière a déclenché des réactions outrées chez les associations. Jean-Luc Romero, président de l’association Elus locaux contre le Sida, a ainsi appelé les catholiques «qui respectent les valeurs d'amour et de tolérance à prier pour que le cardinal André Vingt-Trois retrouve le chemin de la raison en lui rappelant que le vote démocratique s'impose à tous». 

«Une rupture de civilisation»

Pourtant, on peut «prier pour l’engagement des époux, pour les enfants et les jeunes, afin qu’ils "bénéficient pleinement de l’amour d’un père et d’une mère" sans être taxé d’homophobie, j’espère!», juge l’archevêque de Lyon Mgr Philippe Barbarin dans les colonnes du Figaro ce mardi. Le cardinal affirme cependant que «c’est une rupture de civilisation de vouloir dénaturer le mariage». 

Reste que les curés auront le choix de lire ou non cette prière devant leurs fidèles.