Roms: La gestion politique a-t-elle changé depuis 2010?

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Publié le 9 août 2012.

SOCIETE - De nouvelles expulsions ont eu lieu ces dernières semaines...

Deux ans après la prise en main musclée du dossier Roms par Nicolas Sarkozy, les choses ont-elles changé avec la nouvelle majorité? A l’image de l’évacuation d’un camp effectuée ce jeudi matin à Hellemmes (Nord), les associations dénoncent la montée en puissance des expulsions pendant l'été et affirment que le nombre de charters a considérablement augmenté ces dernières semaines.

A son arrivée place Beauvau en mai dernier, le nouveau ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, avait indiqué qu’il n’y aurait «ni course effrénée au chiffre, ni stigmatisation de communautés ou d'une catégorie par rapport à une autre», comme cela avait été largement reproché à Nicolas Sarkozy à l’égard des Roms, qui seraient de 15.000 à 20.000 en France. Mais il tient régulièrement à afficher sa «fermeté» sur cet épineux dossier, justifiant les évacuations par les risques sanitaires des campements insalubres.

Marquant une volonté de changement par rapport à son prédécesseur, François Hollande s’est engagé avant son élection auprès de plusieurs associations à proposer notamment des solutions alternatives lorsqu'un campement insalubre est démantelé et à garantir aux demandeurs d'asile déboutés en première instance un recours suspensif des mesures d'éloignement.

Peu de changement sur le terrain

Qu’en est-il concrètement? D’une part, le ministère de l’Intérieur assure que les démantèlements des camps ont lieu uniquement «quand il y a eu une décision de justice». Sauf que les expulsions en série lancées il y a deux ans se basaient sur le même fondement. D’autre part, le ministère assure que les préfets ont reçu pour instruction de «mener systématiquement un travail de concertation préalable» avec les élus locaux et les associations. Cette concertation vise à procéder à «un examen approfondi des situations individuelles» et à «proposer des solutions d'hébergement», explique-t-il.

Lundi et mardi, plusieurs centaines de personnes ont été évacuées dans le Rhône de campements sauvages. Mais depuis, ces familles, qui ne sont pas toutes issues de la communauté des Roms, errent dans les rues et le long du périphérique de l'agglomération lyonnaise à la recherche d'une nouvelle implantation, la police les empêchant de se fixer. Même conséquence pour l’évacuation de ce jeudi matin dans le Nord pour laquelle aucune solution de relogement n'est prévue, selon les associations qui défendent ces Roms.

Les aides au retour peu efficaces

Quant aux aides au retour - un billet d'avion financé et une somme de 300 euros par adulte et 100 euros par enfant -, elles ne font l'objet d'aucun suivi et n'ont pas empêché des Roms de revenir en France, selon les associations. Manuel Valls a assuré mercredi que les conditions proposées lors des éloignements des personnes ne remplissant pas les conditions du séjour seraient «remises à plat».

Au final, pour les associations, le discours a certes été poli par le nouveau gouvernement, mais le changement politique n’est pas aussi net qu’attendu. Pour Eric Coquerel, secrétaire national du Parti de gauche, la gestion des Roms ne diffère pas de celle appliquée par la droite. «Je préfèrerais que le gouvernement applique avec une grande rigueur une politique contre les licenciements plutôt que de se mettre dans les pas du gouvernement précédent en pointant du doigt, parce que c'est bien commode, une population comme les Roms», a-t-il commenté sur BFM TV.

Corentin Chauvel avec Reuters
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