Photo prise le 28 août 1944 de l'armée américaine défilant sur les Champs-Elysées à Paris, après la libération de la capitale.
Photo prise le 28 août 1944 de l'armée américaine défilant sur les Champs-Elysées à Paris, après la libération de la capitale. - AFP

Corentin Chauvel

L’été est régulièrement une période creuse pour l’actualité. Une saison où les sujets sur les vacances alternent avec la météo à la une des médias. Mais parfois, les événements diplomatiques, criminels ou climatiques, se bousculent pendant cette seule période estivale, voire au-delà, et marquent à jamais l’histoire. 20 Minutes revient sur cinq étés marquants des cent dernières années.

Notre série se poursuit en 1944, lors d’un été qui s’avérera décisif dans l’issue de la Seconde Guerre mondiale, notamment en Europe, sur le front Ouest, et dans le Pacifique. L’Allemagne et ses alliés sont à bout de souffle à la fin depuis l’année précédente, notamment sur le front Est, et les trois grandes puissances américaine, britannique et russe, représentées par Roosevelt, Churchill et Staline, ont déjà commencé à planifier le futur lors d’une première réunion à Téhéran (Iran) en novembre 1943.

A l’assaut du Mur de l’Atlantique

Au printemps 1944, sur le front Ouest élargi, l’Afrique du Nord est sous le contrôle des Alliés qui ont également bien entamé leur conquête de la péninsule italienne. Mais pour rallier Berlin, il faudra s’attaquer au Mur de l’Atlantique et c’est le 8 mai que la date de l’Opération Overlord est fixée: le 5 juin, paré pour une offensive estivale.

C’est finalement le lendemain, à l’aube, que plus de 130.000 soldats, à majorité britanniques et américains, débarquent sur les plages de Normandie, ajoutés à la dizaine de milliers déjà parachutés au cours de la nuit. Des millions d’autres suivront dans les semaines à venir.

Si les Allemands s’attendaient un jour ou l’autre à une tentative de débarquement sur le front Ouest, d’où la construction d’importantes défenses le long des côtes françaises, la surprise est bel et bien là. C’est plus au nord, dans le Pas-de-Calais, que les Alliés étaient attendus. Cependant, les soldats de la Wehrmacht opposent une forte résistance, bien soutenus par les blindés SS, dans une lutte sans merci qui durera dix semaines. 

Résistance coriace des Allemands

L’objectif principal des Alliés en Normandie, Caen (Calvados), ne sera atteint et libéré qu’au début de l’été, le 10 juillet, et ce n’est qu’à la fin du mois que la percée d’Avranches (Manche) permettra enfin à leurs troupes de faire plier définitivement la défense allemande en Normandie. Pendant ce temps, en Allemagne, l’Opération Walkyrie, destinée à assassiner Hitler, échoue le 20 juillet.

Les choses iront beaucoup plus rapidement le mois suivant en France. La Bretagne est libérée lors des premiers jours d’août et le 15, un nouveau débarquement a lieu cette fois en Provence, menant à la libération de Nice (Alpes-Maritimes) le 28 août. Trois jours plus tôt, les Alliés ont atteint Paris avec un général de Gaulle accueilli en héros. Il faudra attendre la fin de l’année 1944 pour voir le territoire français libéré avant que Berlin ne tombe au printemps suivant.

Opération Forager ou la reconquête du Pacifique

L’été 1944 sera tout aussi chaud et décisif dans le Pacifique où les Américains ont fort à faire avec l’armée japonaise, particulièrement offensive, mais en recul depuis le printemps. L’Opération Forager débute en juin avec pour objectif la conquête des Iles Marianne, fondamentale pour installer des bases permettant un bombardement du Japon.

Plusieurs batailles (Saipan, Guam et Tinian) extrêmement rudes et longues vont alors s’enchaîner jusqu’au début du mois d’août pour l’armée américaine, mais à chaque fois couronnées de succès. Dépassés, les Japonais finiront par faire usage de kamikazes à partir de l’automne et il faudra un an de plus aux Américains, et surtout deux bombes atomiques les 6 et 9 août 1945, pour obtenir la reddition définitive du Japon.