Vacances naturistes: «Les gestes du quotidien paraissent étranges quand on les fait nue»

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Publié le 2 août 2012.

TÉMOIGNAGES - Avec la chaleur de l'été, les vêtements peuvent paraître superflus. Pourquoi, alors, ne pas tenter le naturisme? «20 Minutes» répond à la question avec la série d'été «Vivons tout nu»...

Pour vivre heureux, vivons tout cachés. Il existe une communauté qui aime à tordre le coup à cet adage de grand-mère: les naturistes. Les vacances d’été, quand le climat se fait clément, éveillent volontiers les envies de liberté. Mais que se passe-t-il réellement du côté des «culs nus»?

«Quand on a passé la journée sur l’autoroute, franchir une barrière et se retrouver au milieu de gens tout nus ça fait bizarre», reconnaît Elsa. Même quand on passe toutes ses vacances en centre naturiste depuis sa naissance et qu’on y a même été «conçue», comme cette jeune fille de 26 ans. Et son amie Claire, novice qui l’a accompagnée en vacances il y a deux ans, ne dit pas autre chose.

La plage, le maillon faible

«Nous sommes arrivées le soir, il faisait froid, tout le monde était habillé, se souvient Claire. Le choc, ça a été le lendemain au réveil: toute la famille était nue pour le petit déjeuner.» Au début, «les gestes du quotidien paraissent étranges quand on les fait nue», explique Claire. Et quand vient le moment d’aller profiter de la mer, nouvelle surprise. «Être allongée nue sur sa serviette ne m’a pas posé de problèmes. Mais faire le trajet à pieds ou à vélo, c’est autre chose», se souvient-elle.

C’est par ailleurs à la plage que les curieux se mêlent aux naturistes. «Dans les campings où mes parents m’emmenaient, il y avait des barrières gardées, des patrouilles de sécurité», se souvient Patrick*, 43 ans. Une constante dans les centres naturistes, mais la plage est souvent le maillon faible de la chaîne de sécurité.

«Une foule de gens nus, ce n’est pas ce qu’il y a de plus excitant»

«Quand des hommes seuls accèdent à la plage et observent avec insistance, ils sont signalés», rassure Elsa. Patrick, lui, se souvient qu’«il y avait des types avec des jumelles au large sur des bateaux. Les maitres nageurs naturistes prenaient le zodiac pour aller les engueuler». Son petit truc pour repérer ceux qui venaient se rincer: «ils avaient tendance à se jeter à l’eau brutalement pour cacher leur érection».

Car l’érection n’a pas sa place en centre naturiste. «Ca faisait partie de mes inquiétudes», note Claire. Mais l’inopportune rencontre n’a pas eu lieu. «Une foule de gens nus, ce n’est pas ce qu’il y a de plus excitant», argumente son amie Elsa qui explique que «tout est désérotisé par la multitude». Et paradoxalement, tous les adeptes sont unanimes: c’est le soir, quand tout le monde se rhabille, que la tension sexuelle remonte.

Liberté et confort

Adolescent, Patrick* se souvient d’une jeune fille qui lui plaisait: «Je la voyais nue toute la journée, mais c’est un soir, quand je l’ai vue habillée, que je l’ai trouvée excitante». «La séduction, la sensualité est inversée», acquiesce Claire. Et si certains confondent naturisme et libertinage, ils sont mis à l’amende. «Je me souviens que des échangistes, exhibitionnistes qui plus est, avait loué un chalet. Ils ne sont pas revenus l’année suivante, ils ont dû se faire rappeler à l’ordre. On n’est pas au Cap d’Agde», tranche Elsa.

Passés les premiers jours et les a priori, donc, les appréhensions s’apaisent. «Il y a une grande liberté, on peut rester couvert le temps de s’habituer», rassure Elsa. Sauf à la piscine, précise Claire, qui garde un souvenir amusé de sa séance d’aquagym. «Le moniteur sautait debout au bord de la piscine, avec son anatomie qui se balançait en rythme», se souvient-elle. Et là encore, l’étonnement et l’amusement de voir les résidents pratiquer nus des activités du quotidiens (faire les courses, jouer au golf ou au tennis) finit par laisser place au confort et au bien-être.

Coups de soleil et piqures de méduses

«Les sanitaires sont souvent beaucoup plus propres que dans les campings "textiles"», assure Patrick* pour calmer les inquiétudes sur l’hygiène. «Tout le monde se promène avec sa petite serviette pour la poser sur les chaises avant de s’asseoir», ajoute Elsa. Rien à craindre niveau propreté, mais quelques précautions s’imposent toutefois.

«Mes fesses n’avaient jamais vu la lumière du soleil, ça leur a été fatal», se rappelle Claire. «Une fois une femme s’est fait piquer le sexe par une méduse», ajoute Elsa. Des accidents qui restent marginaux, précise Patrick*. Et si ce dernier n’est plus retourné en camp naturiste depuis ses 17 ans, les deux amies y ont à nouveau séjourné ensemble l’été dernier.

*Le prénom a été modifié

Et vous, avez-vous déjà expérimenté les vacances naturistes? Racontez-nous vos joies, vos peines, vos craintes et vos plaisirs dans les commentaires ci-dessous ou à reporter-mobile@20minutes.fr

Julien Ménielle
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