Quatre familles ont déjà quitté l'immeuble, rapporte le concierge, et d'autres cherchent à vendre. Mais, témoigne une habitante de 23 ans, "quand ils voient que c'est l'immeuble de Merah, certains acheteurs ne prennent même pas la peine de monter".
Quatre familles ont déjà quitté l'immeuble, rapporte le concierge, et d'autres cherchent à vendre. Mais, témoigne une habitante de 23 ans, "quand ils voient que c'est l'immeuble de Merah, certains acheteurs ne prennent même pas la peine de monter". - Remy Gabalda afp.com

N. Bg. avec AFP

Les anciens voisins de Mohamed Merah sont sortis de leur silence mercredi à Toulouse pour obtenir réparation des dommages causés par l'assaut du Raid dans leur immeuble et mettre fin à un parcours du combattant de plus de quatre mois entre administrations, assurances et syndic.

Regroupés en un «Comité 17», une quinzaine de voisins du tueur ont raconté à la presse les affres endurées pour obtenir le remboursement des travaux de colmatage des impacts de balles dans les murs ou dans les voitures garées dans la rue, le remplacement d'une porte crevée par les projectiles ou encore la prise en charge des soins psychologiques. Malgré les promesses de diligence faites à l'époque, ces voisins vivant dans la même cage d'escalier que Merah au 17 rue du Sergent-Vigné ou dans la même rue ont décrit les atermoiements d'administrations et d'assurances se renvoyant la balle. Ils réclament un interlocuteur unique.

Indemnisations en cours

En réaction, la mairie de Toulouse a garanti ce jeudi que des aides financières allaient être versés, et que certains voisins avaient déjà reçu une indemnisation. Invité sur Europe 1 jeudi matin, Romain Cujives, conseiller municipal de Toulouse, l'a assuré: «Nous prenons l’engagement, d’avancer certaines sommes pour des travaux ou pour louer des voitures. Nous avons déjà commencé à le faire. Sept personnes ont déjà reçu une aide financière.»

«Le véritable problème, c’est qu’on est face à un événement exceptionnel, a poursuivi le conseiller municipal. Aucune assurance, aucune mairie n’est préparée à un événement comme celui-là. (...) Ce que nous demandons à l’Etat, c’est de redire de façon très officielle aux assurances que l’Etat couvrira.» Le ministère de la Justice a reçu 21 demandes d’indemnisations. Deux ont été rejetées, deux ont été accordées et 15 sont en cours de traitement..

«Maintenant je veux juste partir de Toulouse»

En attendant, les voisins de Merah témoignent de leur détresse. Locataire du 3e étage de l'immeuble, Coumba Ba, 26 ans, dit payer de sa poche les 60 euros déboursés chaque semaine depuis mi-avril pour les séances chez le psychologue pour sa fille de 4 ans et demi. «Ca devait être pris en charge, mais finalement j'ai dû faire avec mes moyens, et maintenant je veux juste partir de Toulouse».

Leonie, une serveuse de 22 ans, relate n'avoir tiré que 500 euros de sa voiture criblée de balles et avoir dû en acheter une nouvelle. «Notre colère vient aussi du fait qu'on doive se battre pour chaque détail», renchérit Florence, 41 ans, qui a vu le plancher de son appartement juste en-dessous de celui de Merah détruit.

Quatre familles ont déjà quitté l'immeuble, rapporte le concierge, et d'autres cherchent à vendre. Mais, témoigne une habitante de 23 ans, «quand ils voient que c'est l'immeuble de Merah, certains acheteurs ne prennent même pas la peine de monter».