A quoi ça ressemble, des vacances de ministre?

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Publié le 1 août 2012.

POLITIQUE - Attentifs, toujours disponibles ou décontractés, les membres du gouvernement sont en tout cas observés pendant leurs congés...

Les membres du gouvernement Ayrault goûtent à partir de ce mercredi à leurs premières vacances de ministres. Des vacances courtes – le prochain conseil des ministres est prévu le 22 août – et pas forcément de tout repos. «20 Minutes» vous raconte à quoi peuvent ressembler des vacances de ministres.

Benoist Apparu, ministre en stand by (novembre 2012-mai 2012)

Qui nous répond de Madagascar, où il vient d’arriver pour un trip à moto. La différence avec des vacances des ministres? «Celle là: Pouvoir partir loin». Il rappelle: «La consigne du président, c’était de rester à proximité du ministère pour pouvoir rentrer rapidement à Paris en cas de besoin. Je suis allé en Grèce la première année, puis en Corse. Evidemment, comme beaucoup de gens aujourd’hui, je regardais mon téléphone toutes les trois secondes. J’avais instauré une permanence au cabinet et j’avais mon directeur de cabinet tous les jours ou tous les deux jours». Mais, ministre du Logement, Benoist Apparu n’a jamais eu de réunion de crise à gérer au cœur de l’été.  Désormais, ce temps où la ficelle invisible des responsabilités le rattachait à son bureau parisien est désormais coupée. Il n’est plus «que» député. «Je peux retrouver ce que j’appelle des vraies vacances avec des destinations drôles, des itinéraires drôles», répond-il. Pour autant, Benoist Apparu n’a aucun regret: «il y a beaucoup d’avantages à être ministre, il est logique qu’il y ait quelques inconvénients. On ne peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre».

Thierry Mariani, ministre assigné à résidence (novembre 2010-mai 2012)

C’est bien simple, en 18 mois au gouvernement, Thierry Mariani «n’a pas eu de vacances». «J’ai passé trois réveillons (Noël et jour de l’an) sur quatre dans des aéroports», détaille-t-il. La faute à la neige et à la grève des bagagistes. Et l’été? Rebelote, il restait en liaison car il avait, en tant que ministre des Transports, un périmètre «sensible», et il était «toujours à la merci d’un événement», surtout en période estivale. «J’ai appris à connaître la météo par cœur, comme l’état du trafic, j’étais au courant des accidents de la route, des vols de cuivre sur les caténaires», se souvient l’ancien ministre.  Du coup l’été, il restait à son domicile. Dans le Vaucluse, un moindre mal puisque le soleil est garanti. De là, il avait ses collaborateurs plusieurs fois par jours au téléphones. Maintenant qu’il a retrouvé lui aussi la vie d’un simple député, il va pouvoir partir. Peut-être à l’étranger. Ou en France. En fait il n’a pas encore choisi, il attend le retour de sa femme. «Comme les Français typiques, on va choisir  à la dernière minute, selon le temps et le budget.»

Alain Lambert, ministre studieux (mai 2002-mars 2004)

Chargé du Budget et de la Réforme budgétaire sous Raffarin, l’été n’était pas vraiment la période propice aux vacances pour Alain Lambert. «Toute la construction budgétaire se fait l’été», explique-t-il. Du coup, il installait une permanence au ministère et partait deux petites semaines. Mais faisait attention à plusieurs paramètres: le lieu de vacances et la connexion internet. «On avait choisi de louer une maison de vacances dans le sud de la France à seulement 15 minutes d’une gare TGV, au cas où je devais rentrer à Paris», explique l’actuel président du Conseil général de l’Orne. Et «on avait fait installer une livebox dans le salon pour que je puisse consulter les mails». Astuces du ministre pour décompresser tout en restant en lien avec son cabinet: privilégier le mail au téléphone, «car je pouvais choir à quel moment de la journée je voulais répondre». «Vous ne pouvez pas vous déconnecter totalement mais on peut réussir à se reposer».  Pas si grave finalement. «On n’est pas au gouvernement pendant quinze ans, on peut faire un effort», dit l’ex-ministre. Qui conclut: «Il faut juste avoir un conjoint sympa qui comprend que le lieu de vacances parfait a Internet et se situe à 15 minutes d’une gare TGV».

Les ministres en vacances ont toutefois aussi connu des déboires. A tel point que Nicolas Sarkozy, en juillet 2011, avait dû être ferme et insister que «les ministres peuvent se reposer mais ils ne sont pas en vacances».

Michèle Alliot-Marie, ministre dans la tourmente (novembre 2010-février 2011)

Fin décembre 2010, Michèle Alliot-Marie, alors ministre des Affaires étrangères, se rend en Tunisie, où elle emprunte à deux reprises le jet privé d’Aziz Miled, un homme d’affaire réputé proche de Ben Ali. Ce séjour, révélé en février 2011, crée l’indignation en France: Ces vacances se sont déroulées une dizaine de jours après l’immolation du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi à Sidi Bouzid, qui a déclenché un mouvement de contestation dans tout le pays et a mené au départ de Ben Ali. Vivement critiquée par l’opposition, se contredisant dans ses explications, MAM est contrainte de démissionner  fin février 2011. François Fillon est à son tour mis en cause le même mois pour un séjour en Egypte, au frais d’Hosni Moubarak, à Noël 2010.

Jean-François Mattei, ministre décontracté (mai 2002- mars 2004)

En août 2003, la canicule sévit en France. Environ 15.000 personnes meurent durant les deux premières semaines du mois, les services hospitaliers sont débordés, les pompes funèbres croulent sous le travail. Pourtant, c’est décontracté, en polo, que le ministre de la Santé Jean-François Mattei apparait le 11 août 2003, au Journal télévisé de TF1. Interviewé en duplex de sa maison du Var, le ministre se veut rassurant et assure que «la prévention, c'est ce qu'il y a de mieux et quand ça ne marche pas, nos services d'urgence sont là». Il n’était pas au courant, assura-t-il plus tard, de la gravité de la situation au moment de son intervention. Qu’importe: le fossé entre l’image détendue du ministre et le drame vécu par des milliers de personnes va marquer les esprits.

Dominique Voynet, ministre pas catastrophée (juin 1997 – juillet 2001)

Le 12 décembre 1999, le pétrolier Erika fait naufrage non loin des côtes bretonnes, provoquant dans les jours suivant une vaste marée noire. Dominique Voynet se rend en Bretagne le 15 décembre puis part à la Réunion, en déplacement officiel puis en vacances. Quand le pétrole arrive sur le rivage, le jour de Noël, la ministre de l’Environnement est ainsi absente. «Que je sois avec un ciré et des bottes sur place, cela ne sert à rien», argue-t-elle alors. Le 26 décembre, elle arrive pourtant en Bretagne…où elle assure que «ce n’est pas la catastrophe écologique du siècle». Dominique Voynet reconnait sa maladresse deux semaines plus tard, non sans avoir entre temps déclenché un vif tollé.

Maud Pierron et Enora Ollivier
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