Ces étés qui ont marqué l'histoire (1/5): 1914, un attentat suivi d'une Guerre mondiale

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Publié le 1 août 2012.

HISTOIRE - L'été n'est pas toujours une saison où l'actualité est elle aussi en vacances...

L’été est régulièrement une période creuse pour l’actualité. Une saison creuse où les sujets sur les vacances alternent avec la météo à la une des médias. Mais parfois, les événements, diplomatiques, criminels ou climatiques, se bousculent pendant cette seule période estivale, voire au-delà, et marquent à jamais l’histoire. 20 Minutes revient sur cinq étés marquants des cent dernières années.

 

Notre série commence il y a presque 100 ans, en 1914, avec un été qui changera l’histoire mondiale à jamais. L’Europe est alors un baril de poudre dont la mèche se trouve dans les Balkans. Fort d’un nationalisme exacerbé, la Serbie réclame au royaume d’Autriche-Hongrie la Bosnie-Herzégovine, où la population est à majorité serbe.   

Le 28 juin, la mèche prend feu

Et c’est au début de la saison estivale, le 28 juin, que la mèche prend feu. L’archiduc François-Ferdinand, héritier du trône d’Autriche-Hongrie, est en visite à Sarajevo, la capitale de Bosnie-Herzégovine, avec son épouse. Ils sont attendus par un groupe de jeunes nationalistes serbes qui, après de multiples rebondissements, parviennent finalement à les assassiner en pleine rue.   

L’occasion est trop belle pour Vienne de répliquer par la force aux agitations nationalistes serbes en Bosnie, fomentées depuis Belgrade. Profitant de l’aval donné par son puissant voisin et allié allemand, l’Autriche-Hongrie adresse le 7 juillet un ultimatum à la Serbie qui lui impose notamment la présence d’enquêteurs autrichiens sur son territoire afin d’enquêter sur l’attentat de Sarajevo.

«Je m'engage sur le chemin que m'indique mon devoir»

Trouvant cette dernière condition «inacceptable», la Serbie, soutenue par le géant russe, y répond le 25 juillet par un refus catégorique. Trois jours plus tard, l’empereur et roi François-Joseph 1er déclare, «la conscience tranquille», une guerre préventive à Belgrade. L’engrenage peut alors commencer et lancer ce qui sera la Première Guerre mondiale.

La Russie ne veut pas lâcher son «petit frère serbe» et le Tsar Nicolas II ordonne la mobilisation générale le 30 juillet. L’entrée de Moscou va considérablement changer la donne. Le jeu des alliances conclues par les différentes grandes puissances au début du siècle entraîne de facto la France, alliée de la Russie, et l’Allemagne, alliée de l’Autriche-Hongrie, à se mobiliser à leur tour et à se déclarer la guerre durant les jours qui suivent.

Des états-majors va-t-en guerre

Bien que les gouvernements français et allemand aient fait preuve d’hésitation, ne se sentant pas vraiment concernés par le problème balkanique, leurs états-majors sont particulièrement chauds pour en découdre et ont finalement obtenu satisfaction. Le jour-même de sa mobilisation générale, le 1er août, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie et à la France deux jours plus tard.

Pas non plus très motivée dans un premier temps, mais membre de la Triple Entente, la Grande-Bretagne finit par s’inquiéter du péril à venir et déclare la guerre à l’Allemagne le 4 août. La «bataille des frontières» s’ouvre alors avec, ce même jour, le début de l’invasion de la Belgique par l’armée allemande, conformément au plan Schlieffen. Le 6 août, les premières offensives françaises ont lieu en Alsace, sous occupation allemande depuis la guerre de 1870, et en Lorraine.

Mais ce sont les forces allemandes qui vont enchaîner les succès sur le front Ouest et Est. Le 22 août, elles pénètrent en France, à Lunéville. La fin de l’été sonne l’heure de la «Grande retraite» pour les troupes alliées. Le 2 septembre, les Allemands sont à 45km de Paris et le gouvernement français part se réfugier à Bordeaux. Le conflit tourne ensuite à l'affrontement direct avec, les semaines suivantes, la première bataille de la Marne et la «Course à la mer» avant la guerre des tranchées, emblématique de la «Grande Guerre» qui durera quatre étés de plus.

Corentin Chauvel
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