Les soldes d'été qui s'achèvent mardi ont bien dynamisé les ventes sur internet, mais le bilan est plus mitigé pour les commerçants traditionnels qui n'enregistrent qu'une modeste hausse de leur activité au terme d'une saison morose.
Les soldes d'été qui s'achèvent mardi ont bien dynamisé les ventes sur internet, mais le bilan est plus mitigé pour les commerçants traditionnels qui n'enregistrent qu'une modeste hausse de leur activité au terme d'une saison morose. - Jean-Pierre Muller afp.com

avec AFP

Les soldes d'été qui s'achèvent mardi ont bien dynamisé les ventes sur Internet, mais le bilan est plus mitigé pour les commerçants traditionnels qui n'enregistrent qu'une modeste hausse de leur activité au terme d'une saison morose.

Au cours de la première quinzaine, généralement la plus dynamique, les ventes d'habillement et de textile ont progressé en moyenne de 4% par rapport à l'année dernière, selon des chiffres de l'Institut français de la mode (IFM), hors vente à distance et e-commerce.

Dans les centres commerciaux, la fréquentation est en petite hausse de 2,20% sur les trois premières semaines indique de son côté le CNCC, l'organisme qui les regroupe.

Toujours mieux que l'an dernier

«Le cru de l'année dernière n'était pas très bon, je pense que cette année nous sommes revenus au niveau d'il y a 2 ans», estime Gérard Atlan, président du Conseil du commerce de France (organisations patronales du secteur).

En 2011, les soldes avaient été particulièrement décevants pour les commerçants, avec une baisse de 6% des ventes sur un an.

Dans ce contexte, la hausse de cette année, même modeste, satisfait certains professionnels: pour Gérard Atlan, «les 15 premiers jours sont assez positifs».

«Le cru des soldes d'été 2012 est bon», renchérit la Fédération nationale de l'Habillement (FNH, indépendants), qui estime que les ventes ont progressé entre 3 et 8% selon les segments pendant les 5 semaines de soldes, grâce notamment à une météo clémente.

Un symptome du climat économique

La FNH se félicite également de la date de démarrage des soldes (27 juin), plus tardive que l'année dernière, ce qui «n'a pas gêné la réalisation des chiffres d'affaires du mois de juin».

«Avec +4% nous sommes loin du compte, on ne peut pas parler d'engouement», tempère de son côté Jean-Pierre Mocho, président de la Fédération française du prêt-à-porter féminin.

«Le climat économique est très difficile», juge-t-il et «les soldes deviennent le constat des pertes de l'année».

La météo en partie responsable

Outre la crise et une météo capricieuse, les élections ont rendu les consommateurs attentistes et peu enclins à dépenser cette année, explique la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP).

Jean-Pierre Mocho met également en cause les soldes flottants dont il espère la suppression, à l'instar de la FNH qui leur reproche d'émousser l'intérêt des consommateurs pour les soldes traditionnels.

La ministre du Commerce, Sylvia Pinel, devrait trancher à la rentrée sur ce dispositif après la récente publication d'un rapport du Credoc et de l'IFM réclamant leur suppression.

Avec une hausse des ventes estimée à plus de 10% à Paris et à 8% dans toute la France, les grands magasins semblent échapper à la morosité, grâce notamment aux remises sur les grandes marques et aux touristes, explique la CCIP.

Internet tire son épingle du jeu

Les e-marchands ont également tiré leur épingle du jeu avec une hausse moyenne de 10% des ventes sur les 4 premières semaines, selon la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad), et après un bond de 20% durant les soldes 2011.

Les internautes ont davantage dépensé que l'année dernière: 113 euros en moyenne contre 109 euros.

Pusieurs sites font état d'une croissance vertigineuse de leurs ventes: +66% pour les vendeurs professionnels de PriceMinister, +40% pour le marchand de chaussures Spartoo ou encore +32% pour le site de mode Brandalley.

PriceMinister estime que «ces chiffres confirment que le site a bénéficié d'un report partiel des achats des Français» au détriment du commerce traditionnel.

Pour plus d'un commerçant sur deux (54%), internet constitue une sérieuse concurrence pendant les soldes, indiquait récemment une enquête de la CCIP.