Mercredi soir, un câble de cuivre, servant à l’alimentation électrique de la ligne à grande vitesse Paris-Lyon a été sectionné, dans l’Yonne. Veille de chassé-croisé, la SNCF aurait pu s’attendre au pire. Pourtant, malgré plus de 200 trains concernés et 60.000 voyageurs retardés, les usagers semblent plutôt décontractés. Cinq d’entre eux ont contacté la rédaction de 20 Minutes, contrariés, fatigués parfois, mais plutôt satisfaits de la gestion de crise de la SNCF.
Benoit, Paris-Lyon, 1h45 de retard: «Ça nous laisse le temps d'admirer le paysage»
Benoit qui arrive en gare de Lyon à Paris vers 9h45, pour prendre son TGV direction Lyon-Perrache. Dès l’embarquement le ton est donné. «Nous sommes partis à 10h35 avec 40 minutes de retard. Une annonce a été faite vers 9h50 nous disant qu'on attendait un conducteur pour pouvoir partir. Plus tard on nous dit que l’on circule avec un retard de 1h45 environ» explique Benoit. «Le TGV emprunte les voies du TER. Ça nous laisse le temps d'admirer le paysage», raconte le voyageur, alors qu’il est encore dans le train. «On devait arriver a 12h, on va arriver vers 14h15 a priori. L'ambiance est détendue, le TGV n'est pas plein. La majorité des gens sont en vacances. Le retard est pris avec philosophie.»
Lilian, Paris-Avignon, 30 minutes de retard: «Personne n’a râlé, c’est ça le plus surprenant»
Arrivé à la gare de Lyon pour partir à 9h07 ce jeudi, Lilian a dû attendre de monter dans le TGV pour qu’on lui annonce le retard. Ce n’est qu’une fois parti (à l’heure, satisfait), que «le contrôleur nous a annoncé 1h30 de retard, à cause d’un vol de câble à Lyon (une détérioration en réalité). Personne n’a râlé dans le wagon, c’est ça le plus surprenant» commente le jeune homme. En vacances, et en route pour le festival d’Avignon, Lilian ne se plaint pas, son programme n’étant pas bousculé. «La pièce que je vais voir commence à 15h30, alors ça va. Je me dis juste qu’ils vont m’offrir un bon d’achat de 10 euros que je n’arriverai pas à utiliser comme à chaque fois.» Cette fois, Lilian n’aura pas à se donner cette peine. Son TGV n’a finalement que 30 minutes de retard.
Julie, Aix en Provence-Paris, 1h10 de retard: «Pas de quoi s’énerver»
A 7h50 ce matin, Julie a embarqué avec sa fille de 11 mois, destination Paris. «Dix minutes après le départ, ils nous ont annoncé un retard d’1h30 à cause d’un souci de câble de cuivre. On s’est arrêtés plusieurs fois, dont une pour se raccrocher à un autre train, d’après ce que j’ai compris», explique la jeune maman, décontractée. «C’était un peu pénible, c’est sûr. Mais J’ai déjà vécu la même chose il y a quelques années en nettement moins bien organisé. Cette fois ils nous ont tout expliqué et pas au dernier moment. Avec à l’arrivée, de petites collations (bonbons, jus de fruits)». Finalement, Julie et Camille sont arrivées avec 1h10 de retard à Paris. «1h30, ça aurait pu commencer à faire long, c’est vrai. Mais la SNCF s’est clairement améliorée. Ils ont bien géré alors pas de quoi s’énerver».
Odelin, Toulon-Lille, 2 heures de retard: «On s’en fichait, on jouait au tarot»
De retour d’un camp scout en Corse, Odelin, 17 ans et la trentaine de jeunes Lillois qui l’accompagnent, ont pris le TGV à Toulon, mercredi soir, à la descente du ferry, pour rejoindre la gare de Lille-Europe. Rapidement, différentes annonces de retard tombent. Une heure, puis 2h45 ou 2h30. Seule explication: «Un problème de signalisation». Curieux, les jeunes ont parcouru le train, pour voir l’ambiance qui y régnait. «Il y avait de tout. Beaucoup d’indifférents et quelques râleurs qui accusaient évidemment la SNCF». Dans son wagon, quasi exclusivement rempli de scouts, l’atmosphère était plutôt détendue. «Nous on s’en fichait, on jouait au tarot», résume Odelin, ton rieur. Arrivée à 23h45 au lieu de 21h50, la troupe a simplement préféré annuler la soirée planifiée. «On ne voulait plus se quitter après le camp, mais là on était trop crevés».
Kevin, Paris-Mâcon, 50 minutes de retard: «Pour une fois, la SNCF a bien réagi»
Le TGV de Kevin est parti à l'heure à 7h49 et devait arriver à 09h24. Ce sera en fait 10h15. Comme les autres passagers, c’est une fois à bord qu’il a été informé du retard d'1h30. Pour apprendre à l’approche de sa destination, que le retard était ramené à moins d’une heure. «Des contrôleurs passaient dans les wagons et demandaient aux passagers qui avaient des correspondances de se signaler afin de leur trouver une solution. Les voyageurs étaient étonnament calmes pour un si grand retard et j'en fus le premier surpris. Je me suis dit que c'était sûrement l'heure matinale qui rendait les choses pacifiques. Pour une fois, j'ai personnellement trouvé que la SNCF avait bien réagi».
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