Incendie en Catalogne: «Je voyais des flammes à cinq mètres de la voiture»

TÉMOIGNAGE evin, internaute d'Argelès-sur-Mer, voulait simplement traverser la frontière pour faire un peu de shopping...

Témoignage édité par Christine Laemmel

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Kevin, internaute de «20Minutes»

Depuis ce samedi 21 juillet, un incendie ronge les forêts de la frontière franco-espagnole. Kevin, internaute de 20minutes.fr, habite à Argeles-sur-Mer, à vingt kilomètres de l’Espagne. Dimanche, vers 13h30, il prend sa voiture pour aller faire du shopping à la frontière, comme un week-end ordinaire. Bloqué par les flammes, il ne sera cette fois de retour que tard dans la nuit. Il nous raconte, en textes et en images, sa longue journée.

«J'ai voulu me rendre à la frontière franco-espagnole pour effectuer quelques achats. A peine entré sur l'autoroute A9, je vois d’épais nuages de fumée. Je continue tout de même ma route jusqu'à n'avoir plus aucune visibilité. Je me demande pourquoi l'autoroute n'est pas encore fermée puis je vois sur ma droite, à cinq mètres de la voiture, des flammes. Tant pis pour l'excès de vitesse, j'allume mes feux de détresse et m'éloigne de celles-ci. Une fois arrivé au péage je constate que les forces de l'ordre ferment l'autoroute dans le sens Espagne-France, je me dis donc que je devais être une des dernières voitures dans le sens France-Espagne.

A La Jonquera, les automobilistes paniquent

Je m'arrête tout de même à La Jonquera. L'atmosphère est difficilement respirable, les automobilistes paniquent et klaxonnent à tout-va. Je décide donc de m'éloigner un peu et de me diriger vers Figueras. Je m'arrête sur le parking d'un fast-food et me restaure un petit peu. Au moment de sortir, le ciel est noir, les paysages au loin ont une allure d'apocalypse, de la cendre tombe du ciel. Je décide donc de rentrer en France par la côte. Bien évidemment, tout le monde fait de même.

A Cerbère, je vois des flammes à ma gauche, sur la colline

Je passe par la ville de Llança, je suis bloqué dans les bouchons. Les véhicules stagnent en France une fois arrivé à Cerbère. Je regarde aux alentours et j'aperçois des flammes sur la colline à ma gauche. Les sirènes des pompiers ne se font pas attendre. J'avance difficilement, mais je parcours bien encore un ou deux kilomètres dans Cerbère avant d'être à l'arrêt complet. 

En quatre heures, je n’ai pas bougé d’un centimètre

J'ai maintenant une vue sur quatre incendies qui se déroulent de l'autre côté de la falaise. Il est 16h30. Vers 20h, je n'ai toujours pas bougé d'un centimètre. Je laisse ma voiture à l'arrêt et descends dans la ville de Cerbère pour aller voir les commerçants et restaurateurs qui font le plein ce soir. J'arrive tant bien que mal après une heure et demie d'attente à me restaurer. Vers 23h, les voitures bougent. J'apprends qu'il y avait un feu en face de moi mais qu'il a été maîtrisé et que l'on peut repartir. Au final, je rentre chez moi à Argelès-sur-Mer à minuit.»

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