Les activistes féministes de Femen manifestent contre l'intégrisme islamique, le 31 mars 2012 à Paris.
Les activistes féministes de Femen manifestent contre l'intégrisme islamique, le 31 mars 2012 à Paris. - Gonzalo Fuentes / Reuters

Julien Ménielle

Les Femen sont à Paris, et elles savent ce qu’elles veulent. Leur objectif: ouvrir un camp d’entraînement pour activistes aux seins nus. «Nous imaginons ça comme la Légion étrangère: des recrues du monde entier viendront se former en France», a expliqué à 20 Minutes Alexandra Shevchenko, l’une des quatre permanentes de l’organisation féministe ukrainienne.

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«Nous voulons occuper le monde, avec des branches dans différents pays», poursuit Alexandra. Mais faire venir des militantes de tous pays en Ukraine serait trop risqué. «Paris sera donc le deuxième centre Femen, après celui de Kiev», annonce sa camarade de lutte Inna Shevchenko.

L’ONG veut pouvoir entraîner des recrues venues du monde entier à ses pratiques et son mode de protestation, «pendant une ou deux semaines», avant que celles-ci retournent dans leurs pays respectifs mener le combat labellisé Femen. «L’entraînement physique, intellectuel et moral», prévient Alexandra. Une activiste de la branche ukrainienne devrait d’ailleurs à terme rester en France pour superviser le centre.

«Des actions de plus en plus dures qui nécessitent d’être prêtes»

Car il faut être préparée pour mener des actions d’éclat à la sauce Femen. «Il y aura aussi une sorte d’examen de passage», indique Anna Hutsol, leader du mouvement, histoire de contrôler des réactions des soldates face à la police ou aux opposants de tout poil. «Nous menons des actions de plus en plus dures qui nécessitent d’être prêtes», justifient les féministes.

Le choix de Paris ne doit rien au hasard. Les jeunes femmes connaissent la ville pour avoir déjà manifesté devant chez DSK. Et si Femen a des adeptes au Brésil, en Suisse, aux Etats-Unis ou en Tunisie, Inna assure que «Femen a de nombreux soutiens en France, et il y a une vraie demande». Quinze Françaises avaient manifesté à leurs côtés contre l'intégrisme islamique en mars dernier.

Ouverture «dans deux ou trois mois»

«Paris est le centre de l’Europe», argumente Inna, «le centre de la démocratie», renchérit Alexandra. Mais aussi «un pays où les gens savent ce qu’est le féminisme». Autre avantage, et pas des moindres: «Ce sera aussi une sorte de protection pour nous», précise Inna. «Si nous avons des problèmes en Ukraine, nous aurons des représentantes françaises pour nous venir en aide», espère l’activiste.

«Nous rencontrons des gens. De nombreuses personnes veulent nous aider mais il n’y a rien de concret pour l’instant», reconnaît Inna, qui espère pouvoir ouvrir le centre parisien «dans deux ou trois mois». En attendant, les trois jeunes femmes arpentent Paris et invitent les Françaises tentées par l’expérience à les rejoindre. Mais avant de retourner en Ukraine, les Femen pourraient faire parler d’elles, concède Alexandra: «Nous avons toujours des idées d’actions en réserve».