L'immeuble de la rue du Sergent-Vigné à Toulouse, où Mohamed Merah a été abattu le 22 mars 2012.
L'immeuble de la rue du Sergent-Vigné à Toulouse, où Mohamed Merah a été abattu le 22 mars 2012. - Béatrice Colin/20 Minutes

Avec Reuters

Des documents secret-défense sur les liens entre la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et Mohamed Merah, noués avant que celui-ci ne tue sept personnes en mars à Toulouse et Montauban, pourraient être remis prochainement à des juges, a déclaré ce jeudi Manuel Valls.

La DCRI a interrogé fin 2011 Mohamed Merah à son retour d'un voyage en Afghanistan, où il aurait eu des contacts avec Al-Qaida. Un agent de la DCRI avait son numéro de téléphone et a eu plusieurs contacts avec lui, dont deux après la tuerie commise dans une école Ozar Hatorah de Toulouse.

Merah n’était pas un «indic», selon Squarcini

Devant la commission des lois de l'Assemblée nationale, le ministre de l'Intérieur a promis de faire la lumière. «La justice est assurée de l'entier concours de mon ministère. Les services de police répondront à ses demandes, d'abord s'agissant de l'accès aux documents classifiés dans le respect des procédures légales. La commission du secret de la Défense nationale en sera destinataire dans les tout prochains jours», a indiqué Manuel Valls.

Cette commission donne un avis sur la déclassification et il est d'usage que le gouvernement suive ses conclusions. «C'est à la justice et à elle seule qu'il revient d'établir les faits, de déterminer les enchaînements et de répondre aux questions des victimes ou de leur famille», a ajouté le ministre, qui a lancé une enquête interne à son arrivée place Beauvau.

L'ancien patron de la DCRI Bernard Squarcini, limogé par le nouveau pouvoir de gauche, a nié que Mohamed Merah ait été un indicateur de son service.

Valls craint que d’autres images soient diffusées

Manuel Valls s'est dit «fortement choqué» par la diffusion, dimanche par TF1, d'enregistrements de conversations entre Mohamed Merah et des policiers lors du siège de son domicile, qui s'est achevé par la mort du jeune homme.

Il a dit craindre que les images tournées par Mohamed Merah avec une caméra portative quand il a commis ses meurtres soient un jour diffusées. Le jeune Français les avait envoyées à une chaîne de télévision et il existe une possibilité qu'elles aient été diffusées par Internet.

«Tous les Arabes ne pensent pas comme mon frère»

Par ailleurs, Abdelghani Merah, frère aîné de Mohamed et Abdelkader Merah -aujourd'hui écroué- a révélé à l'hebdomadaire Le Point paru ce jeudi qu'ils étaient tous les deux antisémites, un sentiment selon lui transmis par leur père. «Les salafistes djihadistes se servent d'une jeunesse maghrébine un peu perdue en s'appuyant sur le racisme que l'on subit. Cela ne légitime pas leurs actes, mais ils s'appuient sur des discriminations qui existent et qu'on ne peut pas nier», explique-t-il.

Il dit être lui-même marié à une juive. «Il faut insister sur le fait que tous les Arabes ne pensent pas comme mon frère. Je veux montrer au monde entier qu'on ne doit pas faire d'amalgame.»