Un ancien site d'orpaillage clandestin dans la région du Maroni, en Guyane.
Un ancien site d'orpaillage clandestin dans la région du Maroni, en Guyane. - CHARUEL/SIPA

William Molinié avec C.C.

L'opération d’envergure lancée mercredi en Guyane dans la région de Dorlin a été un succès, a annoncé la préfecture de la région dans un communiqué. Celle-ci «s'est déroulé sans affrontement», durant de 9h40 à 15h, précise le texte. L'objectif était de «reprendre possession de cette région».

Environ 170 militaires, dont une centaine de soldats des forces armées, ont été déployés dans cette région située au sud-ouest de Cayenne. Par ailleurs, une vingtaine de membres du groupe d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN) ont participé à l’opération, ainsi que des effectifs de l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN).

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«Nous avons un triple objectif. Le premier est de sécuriser cette zone contrôlée par les orpailleurs illégaux. Le deuxième, d’identifier et de neutraliser les individus susceptibles d’être les auteurs du guet-apens où deux militaires ont trouvé la mort le 28 juin dernier. Enfin, d’apporter des preuves de leur responsabilité à la justice», ont expliqué ces sources, sans dévoiler le bilan de l’opération. «Nous avons comme objectif d’affirmer une présence pendant plusieurs semaines, voire des mois, afin de montrer aux orpailleurs que le terrain est tenu et qu’ils ne doivent pas revenir.»

Le chef du gang identifié

Le 28 juin dernier, deux militaires avaient été tués dans une embuscade et deux gendarmes blessés au cours d’une opération contre des chercheurs d’or clandestins en Guyane. Le gouvernement s’était dit «déterminé» à arrêter les coupables. «Ce n'est pas la question de l'or, c'est la question de l'intégrité nationale qui est posée», avait alors indiqué le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, à l’issue de l’hommage solennel rendu aux militaires.

Les auteurs de l’embuscade tendue aux militaires français ont été identifiés. «Les gendarmes de Cayenne ont effectué un travail de recherches et de renseignements», affirme une source proche de l’enquête. Parmi les cibles privilégiées des forces de l’ordre, figure Ferreira Manoel Moura dit Manoelzihno. Cet homme de 25 ans, chef de gang, aurait repris le contrôle d’un site d’orpaillage au début de l’année en exécutant une autre bande rivale, tout aussi violente. Cet homme serait à la tête du gang qui a tendu l’embuscade aux militaires français.