Quels sont les prénoms qui réussissent au bac?

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Publié le 4 avril 2013.

EDUCATION - Selon les recherches du sociologue Baptiste Coulmont, à chaque série du bac correspond un groupe de prénoms surreprésentés...

Papier mis à jour le 4 avril 2013.

Prénommer votre enfant Madeleine, Côme ou Irène ne suffira pas à lui garantir une mention «Très bien» au bac dans 18 ans. Mais s'il travaille assidûment, il pourrait retrouver de nombreux homonymes à ses côtés dans le tableau d'honneur, selon un sociologue des prénoms.

Comme il l’avait déjà fait l’année dernière, le sociologue Baptiste Coulmont, a analysé les prénoms des lauréats du baccalauréat 2012. Selon le spécialiste, maître de conférences à l'université Paris 8 et auteur d'une Sociologie des prénoms (éd. La Découverte, 2011), «plus de 25% des Madeleine, Irène, Côme et Ariane» qui ont passé le baccalauréat 2012 ont reçu une mention «très bien». Plus d'une Marie-Anne, d'une Anne-Claire et d'un Gaspard sur cinq également. En outre, à ces prénoms sont associés relativement peu d'échecs au bac, seules 3% des Madeleine devant par exemple passer l'oral de rattrapage, note Baptiste Coulmont sur son blog.

A chaque série ses prénoms

Il ressort également de cette étude qu’à chaque série du bac correspond «un groupe de prénoms surreprésentés», c’est-à-dire qui reviennent le plus souvent. Ainsi, les prénoms féminins comme Aliénor, Violette ou Orane sont surreprésentées au bac L (littéraire), les prénoms masculins comme Augustin, Martin ou Henri en S (scientifique) et les Sixtine, Anouk ou Capucine en ES (économie). Et, du côté des filières technologiques (STI, STG, STS…), ce sont les prénoms à consonnance anglo-saxonne (Alison, Teddy, Sandy, Ahmed, Brandon, Jessica...) ou d’origine étrangère (Dounia, Youssef, Nassim, Assia et Samir) qui sont surreprésentés.

«Il n'y a bien entendu aucune relation directe entre un prénom et la réussite au bac», avertit le chercheur de l'Université Paris 8 (Vincennes-Saint-Denis). Pas de déterminisme non plus entre prénom et capacités intellectuelles: «si les enfants de professeurs, d'instituteurs et de médecins s'appelaient Potiron et Potironne, alors Potiron et Potironne recevraient beaucoup de mentions», souligne-t-il.

Sans surprise, le milieu social joue

Si relation il y a, elle est indirecte et intimement liée au milieu social des parents. En l'occurrence, Madeleine, Côme et Irène reflèteraient donc majoritairement des prénoms en vogue chez les classes supérieures et les cadres voici environ 18 ans. De leur côté, les ouvriers et employés ont depuis une trentaine d'années tendance à préférer des prénoms aux consonnances «anglo-saxonnes» ou reflétant leurs éventuelles origines étrangères.

On constate en effet dans le recensement, non exhaustif, effectué par le sociologue qu'«aucun des 125 Youssef ou 105 Nabil n'a obtenu de mention "TB"» et que plus de 30% d'entre eux sont dans la situation de passer l'oral de rattrapage. De la même manière en 2012, «seules une ou deux Sandy, Alison ou Sofiane décrochent la mention TB. 4 Christopher (sur 300) et 5 Mohamed (sur 400). 8 Cassandra et 8 Sabrina sur 470», relève Baptiste Coulmont.

Et attention, si vous appelez aujourd'hui votre fille «Madeleine», elle n'obtiendra pas, dans 18 ou 19 ans, une mention «très bien» avec des chances égales aux Madeleine qui avaient 18 ans en 2012, insiste-t-il. Car selon le chercheur, «le monde des prénoms évolue chaque année» et la Madeleine d'aujourd'hui n'est pas celle d'avant-hier.

 

 

Bérénice Dubuc avec AFP
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