Dans le peloton de tête des motifs de grogne, la restauration à bord des TGV pourrait connaître de grands bouleversements: la SNCF a lancé un appel à idées pour réinventer à la fois les sandwichs, quiches et salades mais aussi le wagon-bar et les services qui vont avec.
Dans le peloton de tête des motifs de grogne, la restauration à bord des TGV pourrait connaître de grands bouleversements: la SNCF a lancé un appel à idées pour réinventer à la fois les sandwichs, quiches et salades mais aussi le wagon-bar et les services qui vont avec. - Bertrand Langlois afp.com

E.O. avec AFP

«C'est vrai que je suis épais comme un sandwich SNCF», chantait Renaud dans «Marche à l'ombre». Il faut l'admettre, la nourriture proposée à bord des trains a mauvaise presse. La restauration à bord des TGV pourrait cependant connaître de grands bouleversements: La SNCF a lancé un appel à idées pour réinventer à la fois les sandwichs, quiches et salades mais aussi le wagon-bar et les services qui vont avec.

Les meilleures idées devraient être dévoilées à la rentrée et nourrir un appel d'offres lancé en octobre pour une mise en service dans les TGV à l'été 2013.

«Essayer de se projeter dans 30 ans»

«Il s'agit d'imaginer, de réinventer la restauration à bord des TGV, sans tabou, sans limite», explique-t-on à la SNCF, de «favoriser l'expression créative», de «faire émerger des concepts en rupture», pour les produits, mais aussi l'aménagement et la décoration du wagon bar, ou encore les modalités de service.

«Il faut surtout essayer de se projeter dans 30 ans, car 30 ans c'est la durée de vie d'une rame», explique Jean-Philippe Molinari, président de Cremonini, l'actuel concessionnaire de la restauration à bord de tous les trains, excepté le TGV Est. Evidemment «l'offre pourra évoluer, mais l'aménagement de la rame structurera toujours cette offre», insiste-t-il, sans vouloir dévoiler ses propositions.

Son principal concurrent Newrest, qui a repris en 2010 la Compagnie des Wagons-Lits, est plus disert et propose d'installer à bord des trains des enseignes connues de la restauration rapide. La société, qui n'intervient pour l'instant que le TGV-Est, a créé une co-entreprise avec Elior, spécialiste de la restauration concédée sur autoroute, dans les gares et les aéroports, qui exploite en exclusivité certaines enseignes comme Paul ou encore Exki.

Ces enseignes sont déjà dans les gares, les aéroports et même sur les aires d'autoroute, en réponse aux consommateurs, rassurés par les marques.

10 à 20 fois plus compliqué que pour les avions

«Le marché est là, les consommateurs sont là», explique Olivier Sadran, PDG de Newrest, «il n'y a pas de raison qu'on ne parvienne pas à résoudre l'équation économique». Il reste des «problèmes à résoudre» comme celui du «service aux consommateurs», pour qu'ils n'attendent pas trop avant d'être servis.

La réflexion porte sur un service qui pourrait se faire à la place, la réservation préalable par internet... Mais aussi sur les prix, souvent jugés trop élevés. Mais assurer la restauration à bord des trains ressemble à un casse-tête, tant les contraintes sont importantes.

«C'est 10 à 20 fois plus compliqué que pour les avions, assure Jean-Philippe Molinari, car il y a 10 à 20 fois plus de gares de départ», et autant de sites qu'il faut approvisionner en produits les plus frais possibles. En outre, certains trains peuvent enchaîner les trajets, sans passer par un dépôt central, compliquant l'approvisionnement. Les types de consommateurs sont différents d'un itinéraire à un autre, leurs pouvoirs d'achats aussi.

>> Selon vous, comment la SNCF pourrait-elle améliorer son service de restauration? Quelles enseignes aimeriez-vous trouver dans le TGV?

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