La balle a brisé son rêve de footballeur

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Publié le 5 juillet 2012.

JUSTICE - Touché par une balle perdue de l'armée française, un footballeur gabonais réclame réparation...

Un espoir du football africain. Une carrière brisée par une blessure. L'histoire de Khota Junior Moukadi n'a pourtant pas sa place dans les pages Sports. Ce jeudi après-midi, c'est devant le tribunal de grande instance de Paris que ce jeune Gabonais en écrira un nouveau chapitre. Il racontera aux magistrats de la section «Affaires militaires» le drôle de match qu'il a disputé le 23 novembre 2007 à Libreville.

Courtisé par le club de Parme (Italie), Khota n'était pourtant que remplaçant ce jour-là. Assis sur le banc de touche, il commence à se plaindre d'une douleur à la hanche droite. En relevant son maillot, ses coéquipiers comprennent qu'il vient en fait d'être touché par une balle de 9mm. A 500m de là, huit militaires français effectuent une séance d'entraînement. En l'espace de quinze minutes, ils tirent près de deux cents cartouches.

Une balle dans la hanche

L'enquête n'a pas permis de déterminer l'identité du tireur. Mais il est très vite apparu que ce champ de tir n'aurait jamais dû être utilisé par l'armée française. Il ne répondait pas «aux normes de sécurité» selon les témoignages du dossier. Ce jeudi, quatre hauts gradés sont donc cités à comparaître pour avoir manqué à leurs obligations de contrôle. «C'est un dossier complexe, relève Benoît Chabert, l'avocat de l'un d'entre eux. La faute n'est pas manifeste.»

De leur côté, les avocats de Khota vont réclamer 50.000 euros d'indemnité provisionnelle. «Il se balade tout de même depuis cinq ans avec une balle dans la hanche», assurent ainsi Frédéric Mengès et Grégory Saint-Michel. Logée à côté de la moelle épinière, la balle n'a en effet pas pu être extraite. Victime de douleurs chroniques, Khota souffre aussi de stress post-traumatique. Arrivé en France en septembre pour son procès, il a été pris en charge par le service psychiatrique de l'hôpital militaire Percy. Dans le dossier, l'un des généraux auditionnés l'avoue: «Psychologiquement, la France doit quelque chose à ce jeune.»

Vincent Vantighem
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