François Fillon, le 14 novembre 2011.
François Fillon, le 14 novembre 2011. - F. ELSNER / 20 MINUTES

lucie romano

C'est la fin d'un faux suspense. D'un tweet, posté samedi soir, François Fillon a officialisé sa candidature à la présidence de l'UMP. « Mon devoir est de rassembler toutes les familles de la droite et du centre, à la fois pour s'opposer à une politique inconséquente (...) et pour préparer la reconquête, sans attendre », a ensuite expliqué l'ancien Premier ministre au JDD.

Bousculer son principal rival
Cette stratégie lui permet surtout de bousculer son principal rival, Jean-François Copé, l'actuel chef du parti, qui a réagi dimanche à cette annonce : « Notre priorité doit être d'installer l'opposition. (...) Viendra ensuite, à l'automne, le temps de la campagne interne. » Les 260 000 adhérents du parti se prononceront par un vote, probablement dans la deuxième quinzaine de novembre, dont la date sera fixée mercredi. La bataille entre les deux hommes, qui partagent l'ambition de devenir candidat de la droite à la présidentielle de 2017, est engagée depuis plusieurs mois, les deux clans gagnant et perdant successivement de petites victoires. « Ce combat fleure bon, ou mauvais, le RPR ! », tacle Dominique Paillé, centriste sorti de l'UMP, aujourd'hui membre du Parti radical. « L'urgence, c'est de se rassembler ! s'inquiète Marie-Christine Dalloz, réélue députée UMP du Jura. Ce combat des chefs n'intéresse que les ténors nationaux et les journalistes. Ce qui compte, c'est comment on travaille sur le terrain. » La sénatrice Fabienne Keller, favorable à « une grande muraille contre le Front national », attend elle aussi que le parti sorte « du débat de personnes et qu'il puisse se refonder sur des convictions ». Tout le problème étant justement de savoir dans quelle direction engager l'UMP. Lionnel Luca, de la Droite populaire, a sa petite idée : que « la parole soit rendue aux militants à travers des forums d'expression. Des militants dont la parole est confisquée par d'anciens ministres empreints d'états d'âme », grince-t-il, refusant lui aussi de se prononcer pour un candidat. De l'autre côté de l'échiquier, Jean Léonetti, coprésident des Humanistes, a choisi : « C'est Alain Juppé ! » Sauf que ce dernier a finalement renoncé : « Je n'ai pas l'intention d'ajouter de la confusion à la confusion en ajoutant ma candidature aux candidatures déjà déclarées ou qui vont l'être », écrivait-il dimanche en début de soirée sur son blog.