Les Français estiment à 54% que la disparition de la prostitution, souhaitée par la nouvelle ministre du Droit des femmes, serait une mauvaise chose et 93% pensent qu'elle est de toute façon impossible, selon un sondage Harris Interactive pour le magazine Grazia. La ministre, Najat Vallaud-Belkacem, a déclaré vouloir rendre illégal le recours à des prostituées en France, pays qui ne réprime pas cette activité mais seulement le racolage, le proxénétisme et la traite des êtres humains.

Le sondage montre que les femmes sont plus favorables que les hommes (49% contre 38%) à la disparition de la prostitution, mais que tous deux jugent dans la même proportion impossible la réalisation de ce voeu. Les Français attendraient davantage une sanction à l'encontre des clients (46%) qu'envers les prostituées (32%), considérées par une majorité de 80% des personnes interrogées comme «étant le plus souvent victimes de réseaux criminels». L'enquête a été réalisée en ligne les 25 et 26 juin sur un échantillon de 811 personnes de plus de 18 ans formé selon la méthode des quotas.

Le débat sur la prostitution, ouvert depuis toujours, a été relancé en France ces derniers mois par le très fort développement de la prostitution de rue, alimenté par des réseaux étrangers. Les 18.000 à 20.000 prostituées que compterait le pays viennent désormais du monde entier, du fait d'une mondialisation croissante de l'activité. Elles travaillent plus souvent en périphérie des grandes villes, dans les forêts ou dans de faux «salons de massage», a écrit la fondation Scelles, dans un rapport remis en janvier.

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