Exemplaire d'une copie vierge distribuée aux candidats au baccalauréat, le 18 juin 2012 au lycée Poincare de Nancy.
Exemplaire d'une copie vierge distribuée aux candidats au baccalauréat, le 18 juin 2012 au lycée Poincare de Nancy. - POL EMILE/SIPA

Bérénice Dubuc

Les épreuves du bac 2012 sont terminées pour les élèves, place désormais à celle de la correction des copies. En effet, depuis vendredi dernier, les 703.059 candidats de cette cuvée 2012 peuvent faire relâche, alors que les 175.390 examinateurs et correcteurs mobilisés entament le sprint de la correction. Ils doivent corriger quatre millions de copies avant la publication des résultats le 6 juillet prochain à 10h. 20 Minutes détaille les étapes de cette épreuve.

A la fin de chaque épreuve, les copies anonymes des candidats sont ramassées salle par salle dans les 4.760 centres d'examens mobilisés. Chaque salle correspond à un jury. Les copies sont ensuite comptées et envoyées dans un centre de correction, où elles sont classées par matière et par jury, puis réparties de manière aléatoire entre les correcteurs.

Réunion et correction

Les correcteurs viennent récupérer les copies qui leur ont été assignées, ainsi que le corrigé correspondant à l’épreuve, et un barème de correction. Nicolas Franck, professeur de philosophie au Lycée la Folie Saint James, à Neuilly (Hauts-de-Seine), et vice-président de l’Association des Professeurs de Philosophie de l'Enseignement Public (APPEP), explique à 20 Minutes que les correcteurs sont alors conviés à une première réunion de jury.

«Plusieurs copies sont lues à haute voix, et chaque correcteur donne une note. Ces notes sont ensuite discutées pour mettre au jour les attentes des correcteurs sur les différents sujets, les différents critères de correction, et d'apporter une cohérence dans les corrections.»

Puis, chaque correcteur repart avec ses copies. Principal risque: se voir voler le sac qui contient la prose des candidats, une mésaventure qui est arrivée la semaine dernière à une correctrice d’un lycée d'Aubagne (Bouches-du-Rhône), dans l'académie d'Aix-Marseille. 34 élèves de terminale vont devoir repasser jeudi matin l'épreuve de philosophie.

Mais dans la plupart des cas, les correcteurs rapportent les copies à leur domicile sans encombre, où ils doivent les évaluer. Pour les aider en cas de doute, les académies mettent en place depuis une vingtaine d'année une permanence téléphonique gérée par d’autes correcteurs pour l'ensemble des matières du bac. Le travail de correction est indemnisé à hauteur de 5 euros par copie.

Conservation

Après le travail de correction individuel, les professeurs rapportent les copies au centre de correction, où ils se retrouvent pour une seconde réunion, dite d’harmonisation. «On compare nos moyennes, nos médianes, et les copies qui ont obtenu une note inférieure à six sur vingt sont réexaminées», raconte Nicolas Franck. «Certaines copies sont relues à haute voix pour identifier les différences et vérifier s’il n’y a pas eu d’erreur.» Et le professeur de philosophie de souligner que, grâce à ce système, la correction est extrêmement rigoureuse. «Comme les autres matières, la philosophie n’est pas notée n’importe comment.»

Après cette dernière réunion, les copies sont décachetées et les notes sont recopiées dans un logiciel national, qui calcule la moyenne de chaque élève. Elles sont conservées trois jours dans les centres de correction, où les candidats peuvent les consulter, puis elles sont archivées au rectorat de chaque académie pendant un an, au terme duquel elles sont détruites. Tous les cinq ans, un échantillon représentatif de chaque filière est prélevé de manière aléatoire pour étudier l’évolution du niveau des candidats au fil des ans. Elles sont stockées aux archives départementales, et ne peuvent être consultées qu’au bout de cinquante ans.