Une personne âgée, de dos, attentent le bus. Illustration sur la vieillesse.
Une personne âgée, de dos, attentent le bus. Illustration sur la vieillesse. - P. MAGNIEN / 20 MINUTES

Bérénice Dubuc

La Fondation de France publie ce lundi son rapport 2012 sur la solitude en France. Et les chiffres sont accablants. La solitude, c’est-à-dire le fait de ne disposer d’aucun réseau de sociabilité, touche aujourd’hui 4,8 millions de personnes  dans notre pays, soit 10% de plus que lors de la dernière étude, effectuée en 2010. Plus largement, 21% de la population déclare se sentir seule.

La solitude touche de plus en plus de monde, et ce, sans distinction de sexe, de profession ou de lieu d’habitation. L’isolement relationnel a progressé de 20% en deux ans depuis 2010, selon le rapport, et s’étend à des populations qui étaient jusqu’ici épargnées par ce phénomène. Cet isolement est principalement dû à l'absence de liens avec les cinq réseaux qui structurent la vie société: la famille, le travail, les loisirs, les amis et les voisins.

De plus en plus jeunes

Et le rapport précise que les actifs peuvent eux aussi subir les conséquences de l'isolement: 27% des Français en emploi (contre 20% en 2010) disent ne pas être en mesure de construire des relations autres que strictement professionnelles avec leurs collègues. Les travailleurs pauvres et les travailleurs indépendants, qui cumulent précarité, temps partiel et horaires décalés, sont les plus exposés au risque d'isolement. Les plus modestes, qui touchent moins de 1.000 euros par mois, sont particulièrement touchés: 38% se sentent seuls.

La Fondation de France constate par ailleurs que la solitude touche des personnes de plus en plus jeunes: 9% des 30-39 ans affirment souffrir de la solitude, contre 3% en 2010. Une augmentation qui peut s’expliquer par le contexte économique, les jeunes quittant de plus en plus leur région pour suivre des études ou trouver un emploi. Cependant, les personnes âgées souffrent toujours plus de la solitude, selon le rapport: le phénomène a progressé chez les plus de 75 ans, particulièrement chez les plus démunis (21% contre 16% en 2010).

Dernier chiffre, paradoxal dans une société où la communication se fait partout et à tout instant, l'étude relève aussi que près d'un quart des personnes isolées (24%) sont utilisatrices de réseaux sociaux, contre 12% en 2012.