Décrit par un expert comme "un impulsif", Abdallah Boumezaar, qui a avoué avoir tué deux femmes gendarmes dimanche à Collobrières (Var), a déjà été condamné à 4 ans de prison pour "violences volontaires" contre des policiers qui tentaient de l'interpeller en 2004.
Décrit par un expert comme "un impulsif", Abdallah Boumezaar, qui a avoué avoir tué deux femmes gendarmes dimanche à Collobrières (Var), a déjà été condamné à 4 ans de prison pour "violences volontaires" contre des policiers qui tentaient de l'interpeller en 2004. - Boris Horvat afp.com

avec AFP

Décrit par un expert comme «un impulsif», Abdallah Boumezaar, qui a avoué avoir tué deux femmes gendarmes dimanche à Collobrières (Var), a déjà été condamné à 4 ans de prison pour «violences volontaires» contre des policiers qui tentaient de l'interpeller en 2004.

Sandie Castagnon, qui a défendu il y a huit ans une policière de 36 ans, victime de ces faits, raconte comment sa cliente s'est identifiée aux deux gendarmes tuées, Alicia Champlon, 29 ans, et Audrey Berthaut, 35 ans. «Elle s'est vue à l(eur) place. Elle s'est dit qu'à l'époque, elle aurait pu peut-être y passer», a confié l'avocate.

Des coups envers une brigadière

Le 25 novembre 2004, Abdallah Boumezaar a 22 ans. Interdit de séjour dans le Var, il se réfugie pourtant dans la cité Berthe chez sa mère, à La Seyne-sur-Mer, une commune située à une encablure de Toulon. Durant la nuit, celle-ci, qui craint les accès de violence de son fils et sait qu'il a entreposé dans la cité une moto volée de forte cylindrée, prévient le commissariat.

Quatre policiers, dont deux femmes, se présentent alors au pied de l'immeuble. Dans le hall, ils croisent Abdallah Boumezaar, qui refuse de s'identifier, son frère Mohammed, 17 ans, et deux de ses copains. Eclate alors une rixe au cours de laquelle Abdallah Boumezaar sort un poing américain de son sac et porte un coup à la sous-brigadière, âgée de 36 ans. Les quatre jeunes parviennent également à s'emparer du «tonfa» de la policière, matraque avec laquelle Abdallah Boumezaar frappe une nouvelle fois la jeune femme.

Des jeunes mettent les policiers en échec

Boumezaar parvient à s'enfuir. L'arrivée d'une quinzaine d'autres jeunes de la cité Berthe met les policiers en échec. Ils préfèrent s'enfuir. Trois des agresseurs sont arrêtés rapidement. Abdallah Boumezaar, lui, parvient à s'enfuir. Six mois plus tard, le 15 mai 2005, il se rend au commissariat de Toulon.

Le 14 juin 2006, il est condamné à quatre ans de prison par la cour d'appel d'Aix-en-Provence, qui décide alors de révoquer un sursis de dix mois de prison auquel il avait été condamné en 2002 dans une affaire de stupéfiants. Son frère Mohammed, mineur, écopera lui d'un an ferme.

«Rien ne laissait présager» l'épisode de Collobrières

Edith Angelico, qui il y a huit ans défendait Mohammed Boumezaar pour la rixe de La Seyne-sur-Mer, tient toutefois à relativiser l'attitude de son frère vis-à-vis de la police. Selon elle, «rien ne laissait présager» l'épisode de Collobrières, il n'y avait rien de plus «que l'animosité naturelle entre les jeunes de cités et les forces de l'ordre».

Lors de l'enquête sur la rixe de La Seyne-sur-Mer, le juge d'instruction diligente un expert pour examiner Abdallah Boumezaar. Dans son expertise, dont l'AFP a eu connaissance, le psychiatre relève chez le mis en examen «une certaine tendance à l'instabilité, à l'impulsivité et des difficultés à supporter les frustrations».

«Un déséquilibre psychique avec quelques traits de caractère psychopathiques»

Il relève également «un déséquilibre psychique avec quelques traits de caractère psychopathiques, sans que l'on puisse toutefois parler de pathologie mentale avérée». Contacté par l'AFP, son avocat n'était pas joignable dans l'immédiat. Abdallah Boumezaar, 30 ans, a été mis en examen et écroué mardi soir à Toulon pour homicide volontaire et assassinat, ainsi que sa compagne, poursuivie pour «complicité et dissimulation de preuves».

Selon une source judiciaire, le couple a déjà été condamné à de nombreuses reprises. Tandis qu'Abdallah Boumezaar a été incarcéré de mai 2005 à septembre 2011 pour des faits de violences, de rébellion ou de trafic de stupéfiants, sa jeune compagne a elle aussi un casier judiciaire chargé. En novembre 2011, elle a ainsi écopé de 3 ans de prison, dont trois mois ferme pour une série de vols.