Gendarmes tuées: Le suspect et sa compagne mis en examen

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Publié le 20 juin 2012.

JUSTICE - Ils ont été placés en détention provisoire...

L'homme qui a avoué avoir tué deux gendarmes dimanche dans le Var, qualifié d'«incontrôlable» par son propre frère, a été mis en examen dans la nuit de mardi à mercredi à Toulon, ainsi que sa compagne, poursuivie pour «complicité et dissimulation de preuves».

 

Abdallah Boumezar, un colosse d'1,80 m âgé de 30 ans, qui a déjà purgé plusieurs peines de prison, a reconnu avoir tué Alicia Champlon, 29 ans, et Audrey Berthaut, une mère de famille de 35 ans, intervenues à Collobrières pour un différend à la suite d'un vol. Lui et sa compagne sont arrivés peu après 19h mardi au palais de justice de Toulon, dans deux fourgons encadrés par des motards et aux vitres bâchées de tissu sombre.

Le couple placé en détention préventive

Le tueur présumé a été mis en examen pour «homicide volontaire» sur Audrey Berthaut, et «homicide volontaire commis avec préméditation» sur Alicia Champlon, a annoncé à l'AFP le procureur Xavier Tarabeux. Des «circonstances aggravantes» ont été retenues, en l'occurrence homicide sur «un militaire dans l'exercice de ses fonctions» et avec «pour objet de favoriser la fuite».

Sa compagne, âgée de 20 ans, a été mise en examen pour «complicité de crime et dissimulation de preuves», a ajouté le magistrat. «Sa complice encourt la même peine que l'auteur présumé des faits, soit la perpétuité», tous deux étant en état de récidive, avait expliqué Xavier Tarabeux lors d'une conférence de presse quelques heures avant. La jeune femme avait été condamnée pour «vol aggravé» en mars 2009.

Le couple a été placé en détention provisoire. Deux magistrats instructeurs ont été co-saisis dans cette affaire.

Éméché

Dimanche, peu avant 23h, l'homme avait tiré deux coups de feu sur Audrey Berthaut, après une bagarre et après s'être emparé de son arme, avant de poursuivre sa collègue dans la rue et de tirer six balles dans sa direction. Le procureur a évoqué «un comportement guidé par une forte impulsivité».

Quant à sa compagne, elle est intervenue dans la rixe, a expliqué le magistrat. Elle est également accusée d'avoir dissimulé, avec son compagnon, les armes dont celle ayant servi à tuer, de même que l'arme et un bâton de défense dont disposait la seconde gendarme.

Le couple qui s'était enfui à pied avait été interpellé sans résistance vers 3h du matin lundi dans le village, à 200 m du lieu du crime, après une opération de ratissage de la gendarmerie, dépêchée en masse dans la petite commune de 2.000 habitants transformée en camp retranché.

L'homme, qui habitait depuis peu Collobrières, avait été repéré comme un joueur de jeux de hasard et aperçu éméché par plusieurs témoins dimanche soir.

Violences sur sa mère

Son frère, Chaouki Boumezar, en a brossé mardi un portrait très dur: «Il était incontrôlable, psychologiquement abattu, il a tué les gendarmes mais il aurait pu tuer ma mère, ma soeur ou moi.» «C'est un garçon qui a fait pas mal d'années de prison, c'est la déchéance. J'essayais de le recadrer», a-t-il raconté.

Condamné à plusieurs reprises depuis 2000 pour infraction à la législation sur les stupéfiants et vols, le meurtrier présumé était sorti de prison en septembre après six ans d'incarcération. Le 13 juin dernier, il a été condamné à six mois avec sursis-mise à l'épreuve pour violences sur sa mère. Il avait été envoyé chez sa tante à Collobrières pour commencer une nouvelle vie.

Sa mère a fait visiter lundi à des journalistes son appartement récemment dévasté par la colère d'un fils souvent sous l'emprise de l'alcool. Elle a regretté la non-application de peines plancher et estimé qu'il aurait dû être dans un hôpital psychiatrique.

Peines plancher

Alliance (second syndicat de gardiens de la paix) a demandé mardi des «peines dissuasives» pour les agresseurs de policiers et gendarmes, posant la question des «peines plancher». François Hollande avait promis durant la campagne présidentielle de supprimer «les peines plancher qui sont contraires au principe de l'individualisation des peines». Le Front national a estimé lundi que cette affaire posait la question de la récidive.

Mardi le porte-parole de la Chancellerie Pierre Rancé a déclaré à l'AFP que «rien ne justifie que le ministère de la Justice commente une décision de justice prise par un juge indépendant qui a apprécié la gravité des faits et a pris des mesures immédiates pour protéger la victime».

Une cérémonie en hommage aux deux gendarmes se déroulera vendredi à 9h à Hyères, en présence du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls.

M.Gr. avec AFP
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