Sur la centaine de lignes de l’affiche, on  peut lire des noms, des âges, mais pas seulement. Dans la liste établie par le collectif «Les morts de la rue» des 264 personnes sans-abri décédées ces six derniers mois, figurent des anonymes, par dizaines: «Une femme, 46 ans, le 17 janvier 2012, retrouvée morte dans une station du Kremlin Bicêtre» ou «un homme non identifié, 60 à 70 ans, dans une cave de la rue Rougemont à Paris (9e)».

C’est pour honorer la mémoire de toutes ces victimes que le collectif organise ce mardi un rassemblement, à 19h, quai de Valmy à Paris. «Les morts de la rue» entendent ainsi alerter riverains, passants, familles sur la situation de ces personnes qui vivent –et meurent– dans la rue.

Monument éphémère

«Vingt personnes supplémentaires sont décédées» depuis la parution du «faire-part» (l’invitation au rassemblement), indique Cécile Rocca, coordinatrice du collectif. C’est donc à 284 hommes et femmes qu’un hommage va être rendu ce mardi soir. «Les noms seront cités, en alternance avec des témoignages et des performances d’artistes», détaille-t-elle. Un mur d’affiches sera également érigé –une sorte de «monument éphémère», dit Cécile Rocca– près du quai de Valmy.

La manifestation intervient alors que le collectif mène une campagne d’affichage, collant sur les murs des feuilles rose vif annonçant qu’une personne «ne dormira plus dehors» car elle est «morte dans la rue». Cinq cents de ces affiches ont déjà été posées à Paris par le collectif, qui entend maintenant entamer un tour de France.

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