Ce vendredi à minuit, l'immunité présidentielle de Sarkozy tombera.
Ce vendredi à minuit, l'immunité présidentielle de Sarkozy tombera. - F. MORI / AP / SIPA

Vincent Vantighem

Encore une journée de répit. Ce vendredi à minuit, Nicolas Sarkozy perdra officiellement l'immunité présidentielle qui le protégeait. Potentiellement concerné par quatre affaires judiciaires (lire l'encadré), ce tout nouveau justiciable ordinaire pourrait d'abord avoir à s'expliquer sur celle des sondages de l'Elysée.
Selon nos informations, l'association Anticor – qui lutte contre la corruption – a prévu de saisir la semaine prochaine le juge d'instruction en charge de cette affaire, afin qu'il relance les investigations. La justice avait suspendu l'enquête en raison de l'immunité de l'ancien chef de l'Etat qu'elle avait même étendue à ses proches collaborateurs. « Mais dès vendredi, il n'y aura plus aucune raison de s'opposer à tout ça », confie Jérôme Karsenti, l'avocat de l'association Anticor. « A ce stade », l'association n'a toutefois pas prévu de demander l'audition de Nicolas Sarkozy lui-même. « Il faut d'abord que le juge avance sur les faits », poursuit l'avocat.

9,4 millions d'euros en cinq ans
Pour cela, le juge pourra s'appuyer sur le travail de Raymond Avrillier. Elu écologiste de Grenoble (Isère), ce membre de l'association Anticor s'est battu pendant des années pour obtenir des informations sur les sondages commandés par l'Elysée entre 2007 et 2012. « Il m'en manque encore une partie, confie-t-il. Mais je sais déjà que l'Elysée a fait réaliser plus de 300 enquêtes d'opinion pour un montant au moins égal à 9,4 millions d'euros. » Le problème, c'est que plusieurs enquêtes auraient été commandées auprès de la société Publifact, dirigée par Patrick Buisson qui conseillait aussi Nicolas Sarkozy. En 2009, la Cour des comptes avait même dénoncé la pratique, le contrat avec Publifact ayant été conclu sans appel d'offres. « Et puis, poursuit Raymond Avrillier, certains sondages n'avaient rien à voir avec la fonction de chef de l'Etat de Sarkozy. » Plutôt avec celle de candidat à la présidentielle. Dans la pile de documents qu'il s'est procurée, l'élu a été surpris de découvrir un sondage sur la perception qu'ont les Français du mariage Sarkozy-Bruni et même un autre sur la candidature potentielle de DSK. « Le délit de favoritisme est flagrant ! », conclut Raymond Avrillier. Contacté par 20 Minutes, l'avocat de Nicolas Sarkozy n'a pas souhaité s'exprimer sur cette affaire.

Les autres affaires qui menacent l'ex-président

En 1995, Nicolas Sarkozy était proche d'Edouard Balladur sur qui pèsent des soupçons de financement illégal à travers l'affaire des sous-marins de Karachi. Il y a aussi l'ex-comptable des Bettencourt qui laisse entendre que l'ancien président aurait touché 150 000 € en liquide pour les frais de sa campagne en 2007. Dans le même but, Mediapart assure que Sarkozy aurait négocié 50 millions d'euros avec Mouammar Khadafi en 2007.