Démantèlement d'une fabrique de faux billets en Seine-et-Marne: «Son but premier était d'émettre un maximum de billets»

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Publié le 14 juin 2012.

INTERVIEW - Corinne Bertoux, chef de l'Office central pour la répression du faux-monnayage à la direction centrale de la police judiciaire, répond aux questions de «20 Minutes»...

Comment avez-vous réussi à démanteler cette fabrique de faux billets?

Ces billets contrefaits ont commencé à être émis dès 2007. Depuis ce temps, nous avons reçu énormément d’informations concernant la diffusion de ces coupures. On en a retrouvé sur tout le territoire national et même en Europe. Ce qui nous permet aujourd’hui d’estimer à environ 350.000 le nombre de billets émis sur la zone euro. Pour un total de plus de 9 millions d’euros. A force d’enquêtes et de surveillances, nous avons recentré les recherches jusqu’à cet individu.

Comment agissait-il?

Depuis la naissance de cette officine, nous avons arrêté une dizaine de personnes. C’est un réseau concentré autour des gens du voyage. Ce qui explique qu’on a pu retrouver en dehors du territoire national ces billets. D’un côté, la diffusion est très compartimentée et les billets sont dispersés par des mules chez les commerçants, au compte-goutte. De l’autre, de véritables filières qui appartiennent à un réseau criminel organisé. Mais bien sûr, personne ne connaît le lieu de la fabrique.

Qu’avez-vous découvert lors de la perquisition?

Une vraie caserne d’Ali Baba: des imprimantes, des faux billets, des ordinateurs, de l’encre... Le faux-monnayeur, un ancien imprimeur, s’était construit un vrai bunker et avait caché son atelier. Il a utilisé la technique de la chaîne graphique numérique. Autrement dit, son organisation était déjà assez aboutie. Il y avait plusieurs phases de fabrication. Notamment une, assez subtile, de typographie pour fabriquer les signes de sécurité que l’on trouve sur les billets. Beaucoup de matériel a été saisi. Il est clair que son but premier était d’émettre un maximum de faux billets.

A-t-il un profil type de contrefacteur?

Il n’y a pas de profil type. On rencontre parfois des étudiants, voire des mères de famille, qui tentent de fabriquer des faux billets avec des moyens domestiques. Là, on a affaire à quelqu’un d’assez expérimenté qui s’est appuyé sur le développement des systèmes informatiques.

Y a-t-il beaucoup de faux billets qui circulent en France?

Non, c’est à la marge par rapport à l’ensemble de la monnaie fiduciaire. On estime à 700.000 faux billets présents sur la zone euro. La France représente entre 30 et 40% des émissions. Certains faussaires aménagent des caches. D’autres organisent des raids en Italie notamment pour aller récupérer des marchandises. Nous connaissons une recrudescence de la diffusion via la vente de particuliers à particuliers. Entre autres, via des sites comme le boncoin.fr. C’est facile pour eux d’acheter des marchandises car les particuliers ne vérifient pas l’authenticité des billets.

Comment repérer un faux billet?

Il faut bien connaître le vrai billet pour connaître le faux. On peut le découvrir assez facilement au toucher. Bien souvent un rapide coup d’œil permet de se faire une idée. Il faut vérifier l’hologramme ou encore la transparence. Par ailleurs, sur les gros billets, à partir de 50 euros, la couleur de l’encre sur le chiffre doit changer et passer par exemple du violet au vert.

Propos recueillis par William Molinié
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