La rentrée scolaire 2010  dans une école primaire de Clamart dans les Hauts de Seine.
La rentrée scolaire 2010 dans une école primaire de Clamart dans les Hauts de Seine. - DURAND FLORENCE/SIPA

Nicolas Bégasse

La grande réforme des rythmes scolaires, affichée comme une priorité par le ministre Vincent Peillon, s’étalera sur deux rentrées. Les premières mesures devraient être mises en œuvre dès la rentrée prochaine, notamment celle annoncée ce jeudi: le rallongement des vacances de Toussaint. D’autres évolutions, comme la fin de la semaine à 4 jours, ne seront appliquées qu’à la rentrée 2013.

«Mettre en œuvre quelque chose qui marche sur la durée»

Avant même de commenter cette réforme en deux temps des rythmes scolaires, les acteurs de l’éducation approuvent dans leur grande majorité ces deux mesures. «Ces deux annonces vont dans le bon sens, c’est ce que nous demandons depuis bien longtemps, notamment le rallongement des vacances de la Toussaint qui permet à l’enfant de se reposer réellement et d’oublier un peu le stress scolaire», se félicite ainsi François Testu, professeur émérite en psychologie à l’université de Tours (Indre-et-Loire) et expert en rythmes scolaires. Plus nuancée, la représentante de parents d’élèves Valérie Marty (du syndicat PEEP), affirme que «l’embêtant avec la Toussaint, c’est qu’on ne sait pas où l’on va récupérer ces deux jours de vacances. Mais on est favorable à un rythme 7/2 [sept semaines de cours suivies de deux semaines de vacances, ndlr]».

Côté profs, Sébastien Sihr, secrétaire général du syndicat d’enseignants SNUipp-FSU, estime que «l’enjeu n’est pas de savoir ce qu’il faut faire, ça on le sait. C’est de savoir comment le faire». Car si le fond des modifications proposées par Vincent Peillon est largement salué, la forme risque de poser plus de problèmes. «La question est de savoir comment mettre en œuvre quelque chose qui marche sur la durée», indique ainsi Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE.

Et pour ce faire, il faudra attendre la concertation entre tous les acteurs de l’éducation, «dont les contours vont être définis début juillet et qui aura lieu tout le mois de septembre», comme l’a indiqué ce jeudi Jean-Marc Ayrault. Une réforme des temps scolaires étalée sur deux rentrées, donc, ce qui ne semble pas gêner grand-monde.

«Quand il y a l’unanimité sur quelque chose, il ne faut pas attendre»

«Je suis partisan de la méthode qui veut qu’on puisse avancer tout de suite quand il y a un large consensus», affirme François Testu. «D’autres modifications du rythme scolaire, notamment la révision des grandes vacances, demandent plus de concertation, je comprends qu’on le fasse en 2013.» Un avis partagé par Jean-Jacques Hazan, de la FCPE: «Quand il y a l’unanimité sur quelque chose, il ne faut pas attendre. On ne peut pas tout faire tout de suite, mais si on peut commencer à mettre en places des petites améliorations, autant le faire.»

D’autres, s’ils sont favorables aux réformes proposées, regrettent du bout des lèvres qu’on ne prenne pas un peu plus le temps de la réflexion. «On peut imaginer une mise en œuvre immédiate [du rallongement des vacances de Toussaint] s’il y a l’assentiment de l’ensemble de la communauté éducative», commence Sébastien Sihr, du SNUipp, qui nuance: «Mais les évolutions de l’école ne doivent pas se faire par à-coups, il faut de la sérénité, il faut s’inscrire dans le temps long.» Côté PEEP, «on est plus favorable à ce que l’on se pose et qu’on travaille pour la rentrée 2013, il n’y a pas d’urgence à bouger les choses par petites touches», indique Valérie Marty. «Il faut éviter les effets d’annonce, ça ne fait que déboussoler les parents d’élèves. Il faut annoncer les choses quand elles sont faites.»