Photo montrant Mohamed Merah, l'auteur présumé des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012.
Photo montrant Mohamed Merah, l'auteur présumé des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012. - SIPA

Julien Ménielle

Personne ne les a vues, mais on ne parle plus que d’elles. Les vidéos qu’affirme détenir le père de Mohamed Merah ont relancé la polémique sur les conditions dans lesquels le tueur au scooter a été abattu. L’homme a porté plainte mardi pour meurtre, affirmant que ces enregistrements montrent que son fils a été piégé par un certain «Zuhair», agent des services secrets français. Les autorités mettent cette version en doute.

Ministre de l’Intérieur au moment des faits, Claude Guéant a affirmé ce jeudi que «lorsqu'il a été abattu, il n'avait pas sur lui d'appareil de prise de vues». Les vidéos pourraient toutefois avoir été filmées avec un simple téléphone portable. Une version que le parquet de Paris réfute cependant. «Aucun iPhone, aucun téléphone d'aucune sorte, n'a été découvert lors de la perquisition menée dans l'appartement, pas plus que sur Mohamed Merah», a indiqué mercredi le procureur de la République.

Deux lignes mais pas de téléphone

Deux lignes téléphoniques au nom de Mohamed Merah étaient pourtant sur écoute lors du siège de l’appartement de Mohamed Merah, selon Le Parisien. Une vingtaine de coups de fils auraient même été «émis et reçus», via ces numéros. Les enregistrements réalisés sont en cours de retranscription, mais aucun n’a «jamais fait état d'un dénommé Zuhair», a affirmé le parquet qui, comme Claude Guéant, doute de l’existence même des vidéos.

«Depuis des semaines déjà, voire des mois, l'avocate algérienne du père de Mohamed Merah nous dit qu'elle va nous donner des bandes vidéo, etc. Depuis, on n'a jamais rien reçu», a indiqué l’ancien ministre de l’Intérieur. «Elle est venue à Paris et elle nous a encore dit que ça allait arriver et on n'a rien vu.» Claude Guéant dément la manipulation supposée par les services secrets, affirmant que le tueur au scooter n’a rencontré un agent qu’en 2010 «parce que les services voulaient en savoir davantage sur son cheminement».