En 2011, 409 candidats ont été suspectés de triche et 250 ont été sanctionnés.
En 2011, 409 candidats ont été suspectés de triche et 250 ont été sanctionnés. - POL EMILE/SIPA

Delphine Bancaud

Un arsenal de nouvelles mesures pour éviter le fiasco du bac 2011, entaché par des fuites sur un sujet de maths. Alors que la session 2012 démarre ce jeudi avec l'épreuve de philosophie pour les candidats des Antilles et de Guyane, puis lundi en métropole, le ministère de l'Education nationale a dévoilé mercredi son plan d'attaque contre la fraude.
En amont des épreuves, il prévoit un renforcement de la sécurisation des imprimeries chargées d'éditer les sujets. De leur côté, les concepteurs des épreuves doivent désormais signer une charte déontologique. Par ailleurs, une nouvelle circulaire formalise pour la première fois le processus de préparation et de déroulement des épreuves.

Des détecteurs de portables
Pour empêcher la triche, un texte précisant les conditions de sortie des salles d'examen et rappelant les sanctions encourues leur sera désormais lu avant les épreuves. Autre nouveauté de taille : des détecteurs de portables seront expérimentés cette année dans certains centres d'examens. Ils seront capables de détecter les ondes émises par les téléphones dans un périmètre de 10 à 20 mètres. Mais Jean-Michel Blanquer, directeur général de l'enseignement scolaire, refuse de préciser combien d'appareils seront déployés. « C'est le principe de la dissuasion, a-t-il déclaré pour justifier sa discrétion. Notre objectif est d'abord de montrer que l'institution a les moyens de s'adapter aux nouvelles techniques de fraude. » Pas question cependant de brouiller les ondes, ce qui est toujours interdit par la réglementation. Le ministère ne prévoit pas non plus pour l'heure de nouvelle mesure pour mieux contrôler les calculatrices, mais une réflexion serait en cours sur le sujet pour la session 2013. En revanche, une veille sera désormais assurée sur Internet pour repérer les corrections de sujets, et les enseignants jugeant certaines copies trop ressemblantes à ces modèles pourront engager des procédures pour fraude.
Enfin, des commissions académiques disciplinaires ont été créées cette année pour traiter plus rapidement les suspicions de triche. Le ministère mise sur une large communication de ces nouvelles mesures pour faire peur aux candidats tentés par la gruge. Reste à savoir si l'épouvantail sera suffisant…

peu de candidats pris en flagrant délit

A la session 2011, 409 candidats sur les 650 000 ont été suspectés de fraudes et 250 d'entre eux ont écopé de sanctions. Celles-ci vont du blâme jusqu'à l'interdiction de se présenter à un examen pendant cinq ans.