Pascal Wilhelm, l'avocat de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt, le 6 décembre 2010 lors d'une conférence de presse à Paris. 
Pascal Wilhelm, l'avocat de l'héritière de L'Oréal Liliane Bettencourt, le 6 décembre 2010 lors d'une conférence de presse à Paris.  - REMY DE LA MAUVINIERE/AP/SIPA

Vincent Vantighem

Il y a quelques mois encore, Pascal Wilhelm confiait à 20 Minutes (dont il est l'un des avocats, ndlr) qu’il n’avait pas eu «d’autre choix» que de s’occuper des affaires de Liliane Bettencourt. «On me l’a présentée, expliquait alors l’avocat. Madame Bettencourt m’a dit que j’étais le seul à pouvoir la sortir de cette situation. J’ai donc accepté de devenir son mandataire judiciaire...»

La charité et les affaires font rarement bon ménage. Pascal Wilhelm a été placé en garde à vue, lundi, dans le cadre de l’enquête conduite sur les éventuels abus de faiblesse commis sur l’héritière de L’Oréal. Il a été interpellé à son domicile où une perquisition a été menée. Emmené à la Brigade financière de Paris, il y a retrouvé l’homme d’affaires Stéphane Courbit. Placé lui aussi en garde à vue.

Une question à 143 millions

En 2011, cet homme d’affaires a bénéficié d’un investissement de 143  millions d’euros de la part de Liliane Bettencourt pour redresser les comptes de sa société. L’accord a été négocié par Pascal Wilhelm. Le problème, c’est que ce dernier était le mandataire judiciaire de Liliane Bettencourt et, en même temps, l’avocat de Stéphane Courbit. Les juges enquêtent donc pour savoir s’il a profité de sa situation pour négocier cet investissement. Selon un rapport d’expertise médicale, les «facultés mentales» de Liliane Bettencourt, 89 ans, étaient déjà «altérées» à cette époque.

La fille de Liliane Bettencourt avait d’ailleurs relancé les procédures judiciaires et obtenu la «mise sous tutelle» de sa mère en raison des soupçons d’abus de faiblesse entourant cet investissement de 143  millions d’euros. L’Ordre des avocats de Paris avait mené une enquête interne à ce sujet mais sans déclencher de poursuites judiciaires.

Interrogé par 20 Minutes à cette époque, Pascal Wilhelm s’était vigoureusement défendu. «Je n’ai jamais rien caché à la fille de Madame Bettencourt. Je lui ai écrit à ce propos le 23  avril 2011. J’ai même rédigé un rapport à l’attention de la juge le 30  avril.» L’avocat avait alors conclu: «Si les juges veulent enquêter là-dessus, ils n’ont qu’à venir consulter mes dossiers.» Lundi, ils l’ont pris au mot.