Le spectre des émeutes plane sur Villiers-le-Bel

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Publié le 11 juin 2012.

ACCIDENT - Malgré la collision entre un deux-roues et un véhicule de police, un accident qui n'est pas sans rappeler celui de 2007, la ville était calme dimanche soir...

Un accident entre un scooter et une voiture de police, des jeunes remontés, des fourgons de CRS positionnés devant le commissariat… Il y avait comme un air de déjà-vu dimanche à Villiers-le-Bel (Val-d’Oise), où deux adolescents avaient trouvé la mort en 2007, entraînant plusieurs nuits d’émeutes.

Malgré la tension, la ville restait calme, au lendemain de la collision entre un deux-roues et un véhicule de la brigade anti-criminalité, faisant deux blessés, dont un grave. Dimanche, le conducteur, âgé de 20 ans, a été opéré. Il était dans un état «stationnaire». L’accident a eu lieu à 16h25 samedi sur l’avenue du 8-Mai-1945. Selon les forces de l’ordre, il ne s’agissait pas d’une course-poursuite. «La BAC les surveillait pour faire un flagrant délit», explique une source policière.

Valls fait part de son «soutien aux forces de l'ordre»

Lorsqu’ils ont été repérés, le scooter aurait alors fait demi-tour, serait monté sur le trottoir avant de venir «s’écraser contre le flanc gauche de la voiture», poursuit cette même source. Une version qui est contredite par les jeunes du quartier. «Les policiers ont accéléré comme des cow-boys. C’est à ce moment-là qu’ils les ont percutés», raconte un homme qui se présente comme un ami du conducteur du scooteur. Une mère de famille raconte avoir vu les policiers manipuler le scooter accidenté. «Ils l’ont changé de sens, avant même de porter les premiers secours. C’est quand même bizarre», s’étonne-t-elle.

L’accident a fait renaître dans le quartier les amertumes envers les forces de l’ordre. «C’est tendu en ce moment entre les flics et les jeunes. Depuis trois semaines, ils leur mettent la pression», atteste un responsable d’association. «Mais ça m’étonnerait que ça flambe comme en 2007. Car aujourd’hui, il y a des rivalités entre les quartiers. Les jeunes sont moins soudés», nuance-t-il.

Didier Vaillant, le maire PS de la ville, a demandé qu’un juge d’instruction soit «saisi immédiatement». Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui s’était rendu samedi soir au chevet du conducteur du scooter, s’est déplacé dimanche au commissariat pour «faire part de son soutien et de sa confiance» aux forces de l’ordre.

William Molinié
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