Accident avec la police: Le calme règne à Villiers-le-Bel malgré des versions contradictoires

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Publié le 10 juin 2012.

ACCIDENT - Les témoignages divergent au lendemain de l'accident de scooter au cours duquel deux jeunes ont été blessés...

La situation est calme ce dimanche à Villiers-le-Bel, dans le Val-d'Oise, au lendemain de l'accident dans lequel deux jeunes hommes en scooter ont été blessés, dont un «sérieusement» et dans un état «stationnaire», en heurtant une voiture de police lors d'un contrôle. «Dans la nuit il n'y a rien eu qui puisse être relié à l'accident impliquant la voiture de police», a indiqué à l'AFP Didier Vaillant, le maire PS de Villiers-le-Bel.

Manuel Valls s'est rendu ce dimanche au commissariat de Villiers-le-Bel pour «faire part de son soutien et de sa confiance» aux forces de l'ordre. Le ministre de l'Intérieur, qui s'était rendu samedi soir au chevet du conducteur du scooter, «a également rencontré l'équipage de la BAC (Brigade anti-criminalité) concerné», a précisé le ministère de l'Intérieur, dans un communiqué.

«Plein de policiers pour rien»

«La nuit a été calme», a également raconté à l'AFP Marie, 21 ans, une habitante du quartier et amie du conducteur du scooter, «sérieusement atteint», selon le ministère de l'Intérieur. «Il y a eu plein de policiers pour rien», a-t-elle estimée. Le dispositif policier se voulait toutefois discret dans le quartier de Puits La Marlière, surnommé le «PLM» par les habitants, où a eu lieu la collision, près de cinq ans après la mort de deux jeunes dans un accident avec la police, qui avait provoqué deux nuits d'émeutes, a constaté un journaliste de l'AFP sur place.

«Le quartier est en état de choc», a expliqué Didier Vaillant: «Quand vous avez un accident qui implique un jeune dans état grave c'est traumatisant d'autant plus qu'on a eu un accident en 2007 qui s'est terminé de manière dramatique». Hospitalisé à la Salpêtrière, le conducteur du scooter, Rodrigue, un rappeur de 20 ans connu sous le pseudonyme «Akerone», a été opéré et se trouve ce dimanche «dans un état stationnaire», selon une source proche de l'enquête, après que sa tête a heurté le véhicule banalisé de la police samedi après-midi.

«Ils nous ont rentré dedans»

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls s'est rendu samedi soir à son chevet «pour rencontrer sa famille, sa mère notamment, et s'enquérir de son état», a-t-on précisé place Beauvau. Son passager, un jeune homme de 18 ans, légèrement blessé, est sorti de l'hôpital dans la nuit, a précisé à l'AFP Didier Vaillant. Sollicitée par l'AFP, la famille du passager n'a pas souhaité s'exprimer.

Au micro de France Bleu, le jeune homme a raconté qu'ils étaient garés avant de vouloir faire demi-tour. «Après on devait sortir dans le parking, on quittait le trottoir, ils nous ont rentré dedans», a poursuivi le jeune homme, ajoutant que les policiers «n'avaient pas de sirènes». «On a juste entendu une accélération. Ils nous ont rentré dedans. Après je me suis relevé et j'ai vu l'autre au sol» en sang, a-t-il raconté.

Versions contradictoires

Selon les forces de l’ordre, il ne s’agissait pas d’une course-poursuite. «La BAC les surveillait pour faire un flagrant délit», a affirmé une source policière à 20 Minutes. Lorsqu’ils ont été repérés, le scooter aurait alors fait demi-tour, serait monté sur le trottoir avant de venir «s’écraser contre le flanc gauche de la voiture», poursuit cette même source. Une version qui est contredite par les jeunes du quartier.

«Les policiers ont accéléré comme des cow-boys. C’est à ce moment-là qu’ils les ont percutés», raconte un homme qui se présente comme un ami du conducteur du scooter. Une mère de famille raconte avoir vu les policiers manipuler le scooter accidenté. «Ils l’ont changé de sens, avant même de porter les premiers secours. C’est quand même bizarre», s’étonne-t-elle. L’accident a fait renaître dans le quartier les amertumes envers les forces de l’ordre.

Tension depuis plusieurs semaines

«C’est tendu en ce moment entre les flics et les jeunes. Depuis trois semaines, ils leur mettent la pression», atteste un responsable d’associations interrogé par 20 Minutes. «Mais ça m’étonnerait que ça flambe comme en 2007. Car aujourd’hui, il y a des rivalités entre les quartiers. Les jeunes sont moins soudés», nuance-t-il.

Au centre commercial situé à proximité du lieu de la collision, les habitants n'ont pas bouleversé leurs habitudes du dimanche. Au bar-PMU du coin, «on parle de l'accident mais on sait pas comment ça s'est passé», raconte Tayeb, 55 ans. «La nuit a été calme contrairement en 2007 où ma voiture avait été brûlée et où des fumigènes rentraient dans les appartements», explique cet habitant de Villiers-le-Bel depuis 20 ans. Le 25 novembre 2007 à 17h00, deux adolescents de 15 et 16 ans étaient tués dans la collision de leur mini-moto avec un véhicule de police, un accident qui avait provoqué pendant deux jours la colère des jeunes.

J. M. et W. M. avec AFP
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