Le président François Hollande a confirmé samedi soir que le retrait des "troupes combattantes" françaises débutera en juillet et s'achèvera fin 2012.
Le président François Hollande a confirmé samedi soir que le retrait des "troupes combattantes" françaises débutera en juillet et s'achèvera fin 2012. - Bertrand Langlois afp.com

avec AFP

Après l'attentat qui a coûté la vie à quatre de ses soldats samedi, la France affiche sa détermination à poursuivre sa mission en Afghanistan et le retrait, d'ici à fin 2012, de ses «troupes combattantes», mais le renforcement de la sécurité de ses troupes s'annonce compliqué.

Un mois après son arrivée à l'Elysée, François Hollande présidera jeudi aux Invalides un hommage solennel aux quatre militaires tués en Kapisa (est de l'Afghanistan): l'adjudant-chef Thierry Serrat, le maréchal des logis-chef Stéphane Prudhom, le maréchal des logis Pierre-Olivier Lumineau et le brigadier Yoann Marcillan.

Baptême du feu pour le chef de l'Etat: quatre cercueils alignés dans la cour pavée, comme lors de précédents drames du même type survenus en Afghanistan. Dès samedi, François Hollande a confirmé le retrait des «troupes combattantes» françaises d'ici à la fin de l'année. «Ce qui s'est passé ne change rien, n'accélère ni ne ralentit» le retrait, a-t-il affirmé.

Le Drian à Kaboul

Arrivé dimanche à Kaboul, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a réaffirmé la volonté de la France de respecter ses engagements. «Notre mission continue jusqu'à la fin 2012 avec clarté et détermination, afin que les Afghans puissent alors prendre leurs responsabilités sécuritaires et retrouver leur pleine souveraineté», assure-t-il dans une interview au Journal du Dimanche.

La poursuite des missions de sécurisation des routes et d'encadrement de l'armée afghane expose forcément les soldats de l'Otan aux risques d'attentat. «Il est impératif d'être plus vigilant sur ces exigences de sécurité. Mais nous avons bien conscience de la difficulté», constate le ministre.

Après un attentat-suicide similaire -cinq Français tués en juillet 2011 en Kapisa-, la sécurité avait déjà été renforcée. Mais les militaires eux-mêmes sont réservés sur la possibilité d'empêcher ce genre d'agressions.

«Plus ou moins imparable»

«Ce qui est arrivé est plus ou moins imparable. Sauf à dire qu'on n'a plus de contact avec la population civile, or c'est l'une des clés de l'affaire», souligne un expert militaire: «On va dire aux soldats: 'Faites attention, soyez vigilants, ce type de menace existe'.»

Malgré toutes les précautions, c'est le scénario le plus attendu qui s'est produit samedi: un insurgé apparemment dissimulé sous une burka s'est fait exploser à proximité d'un groupe de soldats dans un village afghan.

Aucun des contingents étrangers en Afghanistan n'a réussi à juguler la menace: 188 soldats de la force internationale (Isaf), dont neuf Français, ont été tués depuis le début de l'année dans le pays, lors d'attentats ou d'accrochages.

Le retrait logistique pose problème

Sur le fond, souligne Jean-Yves Le Drian, l'attentat de samedi ne modifie pas le calendrier de retrait: les «troupes combattantes» auront quitté l'Afghanistan d'ici à la fin de l'année. «Mais ce retrait doit se faire dans des conditions de sécurité car c'est le risque majeur, tant pour nos troupes que pour nos matériels, dans la deuxième phase du retrait logistique au début de 2013», explique-t-il.

En clair: après le départ de 2.000 soldats français d'ici à la fin 2012, le millier de logisticiens, chargés de désengager le matériel, et de soldats, pour assurer leur protection, risque d'être encore plus exposé.

Dès juillet, 200 soldats français doivent quitter l'Afghanistan, ce qui portera à 800 le nombre de militaires rapatriés depuis octobre 2011. Le gros des «troupes combattantes» sera retiré à partir d'octobre.