Santé: «Non, nous ne finirons pas tous obèses»

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Publié le 8 juin 2012.

INTERVIEW - Sommes-nous condamnés à devenir gros? «20 Minutes» a posé la question au pédiatre et nutritionniste Patrick Tounian...

Demain tous obèses? Alors que les populations, française et mondiale, semblent progressivement gagner quelques kilos, faut-il se résigner à devenir obèse ou victime de surpoids? Contacté par 20 Minutes, Patrick Tounian, pédiatre nutritionniste à l’hôpital Trousseau, nous éclaire sur la question.

Quelles sont les causes de l’obésité?

Chez l’enfant, l’obésité est une maladie complexe. On peut naître, ou non, obèse. Il y a donc des causes génétiques, mais également des causes émotionnelles. C’est dans le cerveau qu’est déterminé le poids. Un traumatisme, un choc émotionnel ou même de la radiothérapie peuvent donc venir dérégler le cerveau de l’enfant, et entraîner une prise de poids. Ce n’est pas le cas chez l’adulte, qui pourra grossir en se forçant à manger plus. Un enfant qui n’a plus faim, lui, s’arrête de manger.

En fait, tout se joue dès l’enfance?

Pas forcément. Même si 75% des enfants obèses à 10 ans resteront obèses à l’âge adulte. Mais dans le même temps, 85% des adultes obèses ne l’étaient pas dans l’enfance. En fait, il s’agit bien de deux problématiques différentes, entre enfants et adultes.

Y a-t-il une forme de déterminisme?

D’une certaine manière c’est possible, puisqu’une femme obèse a quatre fois plus de risques de mettre au monde un enfant obèse. Chez l’enfant, l’obésité ou le surpoids sont principalement dus à une mutation génétique, c’est flagrant.

Y a-t-il de plus en plus d’obèses?

Il y a actuellement 30% d’adultes en surpoids et 10% d’obèses en France. Et si leur nombre augmente encore au sein de la population adulte, il se stabilise chez les enfants. Il y a en effet autour de 15 à 20% d’enfants en surpoids, et entre 3 et 5% d’obèses. Ces chiffres, ainsi que toutes les études américaines et australiennes, montrent que la prévalence de l’obésité n’augmente plus chez les jeunes. Elle se stabilise. On peut également penser que, d’ici une trentaine d’années, la situation se stabilisera également chez les adultes. Nous ne finirons donc pas tous obèses.

Quels sont les risques liés au surpoids?

Pour les plus jeunes, les conséquences sont surtout d’ordre psychosociales, avec une perte d’estime de soi. Mais il y a peu de complications somatiques. C’est pour le public plus âgé qu’il peut y avoir des complications métaboliques, comme le diabète.

Comment faire pour éviter surpoids et obésité?

Si c’était seulement lié à la nourriture et à la façon de s’alimenter, ce serait trop simple. Il y a d’autres facteurs, qui n’ont pas encore été tous compris ou découverts… Les solutions se trouvent dans la recherche.

Propos recueillis par Mathieu Gruel
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