Devanture du restaurant parisien La maison du caviar.
Devanture du restaurant parisien La maison du caviar. - Le Floch / SIPA

© 2012 AFP

Le procès de l'héritier d'un restaurant huppé du quartier parisien des Champs-Elysées, jugé aux assises pour avoir fait subir des viols et sévices à une jeune femme droguée, a été renvoyé ce jeudi quelque heures après son ouverture.

La cour a fait droit à la demande de la défense de l'accusé qui faisait valoir que son avocat, Me Eric Dupont-Moretti, récemment désigné, n'avait pu prendre entièrement connaissance du dossier. Cyril de Lalagade, petit-fils du fondateur d'un célèbre restaurant de caviar de la capitale, La Maison du Caviar, s'est en revanche vu refuser une demande de mise en liberté. Son procès, qui avait débuté à huis clos sur demande de la plaignante, ne pourra se tenir avant début 2013.

«Manipulée» par la famille de l'autre plaignante

Depuis mardi, Cyril de Lalagade, 42 ans, mise soignée et expression distinguée dans le box des accusés, est écroué à la prison parisienne de la Santé pour avoir violé son contrôle judiciaire en renouant avec une ancienne conquête, quelques semaines avant le procès. Cette dernière, ancien mannequin, s'est présentée ce jeudi à la barre pour retirer sa constitution de partie civile, assurant que l'accusé «ne (lui) avait jamais fait de mal». Elle a ajouté avoir été «manipulée» par la famille de l'autre plaignante, 19 ans à l'époque des faits en 2005, qui l'aurait «forcée» à poursuivre le quadragénaire aux allures de play-boy.

Au contraire, son avocat, Me Max Ursulet, déplorait à la veille de l'audience que Cyril de Lalagade l'ait «attirée dans un guet-apens, droguée et soit parvenu à la faire revenir sur ses déclarations». L'avocat continue cependant de défendre la mère de cette frêle jeune femme brune qui s'est désistée et qui, à la barre, a déclaré comme adresse le domicile de Cyril de Lalagade, sur la prestigieuse avenue Foch.

«Protections» judiciaires et policières

Figure de la jet-set parisienne, l'accusé est poursuivi pour «viols avec plusieurs circonstances aggravantes et torture ou actes de barbarie», sa victime présumée dénonçant notamment l'usage d'un chalumeau lors de leurs rapports sexuels. Me Ursulet présente l'accusé comme «un prédateur qui choisit sa proie, la corrompt à la fois psychologiquement et par le biais des stupéfiants pour en faire sa chose sexuelle». Il évoque des «protections» judiciaires et policières, «dont il a pu bénéficier pendant de nombreuses années à Paris», et «qui expliquent son sentiment de toute puissance et d'impunité».

La défense de Cyril de Lalagade plaide le consentement des jeunes femmes, démentant tout rapport contraint. Le juge d'instruction avait en 2009 prononcé un non-lieu partiel dans ce dossier, estimant non démontrés les viols et actes de torture. En appel, la chambre de l'instruction avait finalement ordonné son renvoi aux assises.