Dépeceur de Montréal: Ces zones d'ombres qui planent sur l'enquête

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Publié le 5 juin 2012.

ENQUÊTE - Malgré l'arrestation de Luka Rocco Magnotta à Berlin, de nombreuses questions subsistent. «20 Minutes» fait le point...

Luka Rocco Magnotta arrêté, il reste à remonter le fil de sa cavale. Entre le meurtre au Canada, son arrivée en France et son arrestation en Allemagne, une dizaine de jours se sont écoulés. Pourquoi n’a-t-il pas été interpellé plus rapidement en France? A-t-il reçu l’aide d’un complice à Paris? 20 Minutes détaille ces zones d’ombres.

La fausse piste du portable?

Un téléphone portable semble avoir joué un rôle important lors de la traque de Luka Rocco Magnotta en France. Il a d’ailleurs conduit les policiers français sur une fausse piste. Le téléphone continuait en effet d'émettre à Paris le vendredi, alors que le suspect se trouvait déjà en Allemagne. Sauf que le tueur présumé s'était débarrassé de son téléphone dans une poubelle du métro, selon Europe 1. Le mobile, aurait en fait été récupéré par un agent de nettoyage, qui s'en serait servi pour appeler chez lui, en Afrique. Une piste alors abandonnée par la police française, mais sur laquelle elle aura perdu du temps.

La police Française aurait-elle pu l’arrêter?

Interpellé deux jours à peine après avoir posé le pied sur le sol allemand, Luka Rocco Magnotta en aura passé cinq en France, sans que la police ne parvienne à l’intercepter. Il aura même été signalé à de nombreuses reprises, en vain. La police française a-t-elle failli ? De son côté, Interpol s’est félicité, lundi, de la coopération internationale de la police qui a conduit à «l'arrestation rapide» de Magnotta. «Si les Allemands ont pu l’arrêter rapidement, c’est grâce aux renseignements fournis par les policiers français ce lundi», assurait par ailleurs à 20 Minutes une source policière.

Comment-a-t-il payé son voyage en Allemagne?

Selon une source policière, Luka Magnotta était plutôt du genre fauché. Or, le billet pour rallier la capitale allemande via Eurolines coûte quand même entre 136 et 160 euros, surtout quand on s'y prend au dernier moment. Le numéro de carte bancaire de Luka Rocco Magnotta, seul élément transmis par la police canadienne à ses homologues français, permettrait de savoir si le suspect a acheté lui même son ticket place Clichy dans un bureau de vente de la compagnie, ou s’il a bénéficié d’une aide financière. 

Luka Magnotta avait-il un complice en France?

A son arrivée à Paris, Luka Magnotta a été hébergé pendant deux nuits par un homosexuel, chez lui à Clichy-la-Garenne, dans les Hauts-de-Seine, rapporte Europe 1. L'homme aurait par la suite découvert le portrait de son «invité» sur les avis de recherche diffusés en France à partir de jeudi dans tous les médias, détaille Europe 1. Mais pour l'instant, impossible de savoir comment les deux hommes se sont rencontrés. «A ce stade aucun élément ne permet d'étayer» un passage du fuyard à Clichy-la-Garenne dans les Hauts-de-Seine, indiquait même la préfecture des Hauts-de-Seine dimanche. Impossible également de dire s'il s'agit du même homme qui avait rejoint Luka Magnotta dans un bar du quartier des Batignolles, dans la nuit de mercredi à jeudi.

Que sait-on de sa victime?

Jun Lin, 32 ans, arrivé à Montréal en 2010 cacherait-il, lui aussi, quelques zones d'ombre? D'après le quotidien canadien «Globe and mail», cité par Le Parisien, son compte Weibo.com comporterait en effet de curieuses photos, dont certaines où il apparaît nu. Des mentions et des pseudos faisant références à des films d'horreur y figureraient également. Tout comme une photo d'un wagon vide, portant la mention «le train du cannibalisme de minuit». Reste également à déterminer les circonstances de sa rencontre avec Luka Magnotta, son tueur présumé. Les amis de la victime semblaient d'ailleurs l'ignorer, même si la police canadienne a indiqué qu’ils entretenaient une relation sexuelle. Jeu morbide ou romance qui tourne au drame, il importera de déterminer la nature exacte de cette relation entre Jun Lin et son probable bourreau. Et de retrouver les parties manquantes de son corps. Actuellement, la police recherche toujours le pied droit et la main droite, ainsi que la tête.

Luka Rocco Magnotta a-t-il commis d’autres crimes?

Les enquêteurs vont maintenant vérifier si le suspect pourrait être relié à d'autres crimes potentiels commis au Canada, a dit Ian Lafrenière, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), en précisant que les policiers n'avaient «pas de crime particulier en tête». Lors d’une conférence de presse, ce mardi après-midi, la police de Montréal a d’ailleurs précisé qu’elle procédait actuellement à l’évaluation de l’ensemble des dossiers ouverts et non résolus. Et puis, coïncidence troublante, il se trouve qu’un ancien voisin du Luka Rocco Magnotta, Dereck Mackinnon, était à l’affiche du Train de la Terreur (Le Monstre du Train), un film tourné à Montréal en 1980 dans lequel il découpait en morceau l’une de ses victimes. Dans ce long-métrage, le personnage «tue 11 personnes et son apparence change sans arrêt», raconte l’acteur dans Le Journal de Montréal, qui note que «la similitude est quand même assez grande», avec le meurtre attribué à Luka Magnotta. Seule différence, dans le film, le personnage n’envoie aucun membre par la poste.

Mathieu Gruel
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