Braquage d'un fourgon blindé à Aubervilliers: La société de transport de fonds connaissait des failles dans sa sécurité

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Publié le 5 juin 2012.

ENQUÊTE - Alors que deux suspects ont été arrêtés et que le convoyeur blessé lundi est toujours dans un état grave, une source proche de l'enquête met en cause la société TAS...

La société de transport de fonds TAS, dont un fourgon a été attaqué lundi matin à Aubervilliers et un convoyeur grièvement blessé, avait été épinglée pour des problèmes de sécurité dans une enquête administrative en janvier, a-t-on appris mardi de sources proches du dossier.

L’enquête avait jugé qu'elle «ne présentait pas les meilleures garanties en matière de sécurité». Cette petite société qui emploie environ 150 convoyeurs de fonds en région parisienne est injoignable depuis lundi.

Des sacs en jute au lieu de valises «intelligentes»

Les syndicats ont relayé ces reproches, affirmant notamment que le convoyeur ne portait pas de gilet pare-balles au moment des faits. Selon une source judiciaire, le convoyeur ne souhaitait pas le porter car il avait un problème aux côtes. Mais, a ajouté cette source, le port du gilet n'aurait rien changé car les tirs de Kalachnikov l'auraient blessé dans tous les cas.

Selon une source proche du dossier, les convoyeurs transportaient les billets dans des sacs en jute, et non dans des valises «intelligentes», qui maculent les billets d'encre quand elles sont ouvertes par effraction.

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, s’est rendu à Aubervilliers ce mardi matin: «Je souhaitais, avec le préfet de la Seine-Saint-Denis [Christian Lambert, NDLR], me rendre compte de la configuration des lieux et de ce qu'il s'était passé, c'est-à-dire la très grande violence et la très grande détermination» des braqueurs, a expliqué le ministre à l'AFP.

>> Détails de l’affaire par ici.

Les auteurs du braquage sont «connus»

Le ministre de l’Intérieur a souhaité «rendre hommage à ces convoyeurs qui accomplissent un travail extrêmement difficile» et a déclaré rester «très attentif à l'évolution» de l'état de santé de la victime.

Touché dans cette attaque commise à la kalachnikov, un convoyeur de fonds restait entre la vie et la mort au lendemain de l'attaque commise au petit matin.

Ce mardi soir, deux braqueurs, interpellés lundi, sont en garde à vue.

Les deux voitures utilisées par les braqueurs avaient été munies de balises, placées sous surveillance par la police, dispositif classique pour des véhicules susceptibles d'être utilisés par des malfaiteurs.

«Si les interpellations ont été si rapides, c'est notamment grâce à ce système de surveillance», a expliqué une source policière. Les auteurs du braquage, qui viennent de la même cité de Seine-Saint-Denis, «sont des gens connus», a affirmé le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert.

Manuel Valls va rencontrer les syndicats

«On ne peut pas dire qu'il y ait des trafics (d'armes) organisés» dans les quartiers de Seine-Saint-Denis, a estimé le préfet, mais il a relevé qu'une arme est souvent «mise en commun. Elle va servir à une cité

Cela «nous pose un problème d'enquête», a-t-il expliqué, «parce que nous avons sur ces armes de nombreuses traces ADN, de nombreuses traces papillaires».

Manuel Valls devrait recevoir les syndicats le 19 juin: «Nous allons regarder attentivement ce qui s'est passé et puis aussi les conditions de protection des convoyeurs», a t-il confié.

C.B. avec AFP
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