Les parents d'élèves de l'école juive Beth Menahem de Villeurbanne (Rhône) sont très choqués après l'agression qui a eu lieu près de l'établissement samedi.
Les parents d'élèves de l'école juive Beth Menahem de Villeurbanne (Rhône) sont très choqués après l'agression qui a eu lieu près de l'établissement samedi. - C. VILLEMAIN / 20 MINUTES

Elsa Frisullo, à Villeurbanne

De notre envoyée spéciale à Villeurbanne,

L’inquiétude et la colère se lisaient ce lundi matin sur les visages des familles venues accompagner leurs enfants à l’école juive Beth Menahem de Villeurbanne (Rhône). Un établissement qui se trouve à quelques centaines de mètres du lieu où trois jeunes de confession juive ont été violemment agressés à coups de marteau et de barre de fer samedi vers 18h par dix jeunes, toujours recherchés. «On n'est plus à l’abri de rien. Notre communauté est visée en permanence. Ce n’est pas évident de vivre avec ça, surtout quand on est parent», confie un père de famille.

L’émotion est d’autant plus grande que les trois garçons de 18, 22 et 24 ans qui ont été agressés ont grandi dans ce quartier résidentiel et ont fait toute leur scolarité dans ce groupe scolaire qui accueille les enfants de la crèche à la terminale. «J’ai appris ce qui c’était passé samedi soir car je suis ami avec les parents des trois garçons, indique le responsable de l’école. Ils sont très choqués. Les insultes pour les gens de notre communauté qui, comme eux, portent la kippa, c’est tous les jours. Mais des actes comme ceux-là d’une telle violence, ça prouve que l’insécurité est partout, ajoute ce cinquantenaire pour lequel le caractère antisémite de l’agression ne fait aucun doute. Sauf si frapper quelqu’un qui porte une kippa en criant sale juif n’est plus un acte antisémite», s’agace-t-il.

«Les abords devraient être mieux sécurisés»

«C’est écœurant ce qui s’est passé. Ce sont toujours les mêmes personnes et les mêmes lieux qui sont visés», ajoute cette mère, venue accompagner ses enfants jusqu’à l’entrée de l’école. Un établissement réputé tranquille, où les parents ont pourtant pris l’habitude de déposer en voiture les écoliers juste devant le portail depuis l’attentat à la voiture piégée perpétrée contre un autre établissement juif de la commune en 1995. «Mais les abords devraient être mieux sécurisés. Qu’est-ce qui va devoir se passer avant que l’école ne soit protégée?» s’interroge un père, qui aurait aimé voir des forces de l’ordre surveiller l’établissement ce lundi. Une patrouille de police est restée un moment stationnée devant le groupe scolaire avant de repartir peu avant 8h.