Aubervilliers: Un convoyeur de fonds grièvement blessé dans l'attaque d'un fourgon blindé

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Publié le 5 juin 2012.

FAIT-DIVERS - Le fourgon a été attaqué peu après 5h30 dans le quartier des Quatre Chemins, par trois personnes équipées d'armes de type Kalachnikov, qui ont réussi à prendre la fuite...

L’un des trois braqueurs qui ont attaqué un fourgon et blessé grièvement un convoyeur de fonds ce lundi matin à Aubervilliers, a été interpellé lundi matin vers 7h en Seine-Saint-Denis, rapporte l’AFP. Selon une source proche de l'enquête, un homme, connu des services de police, a été rapidement arrêté non loin d'un véhicule ayant servi aux auteurs de l'attaque.

Après avoir dérobé près de 195.000 euros, ils avaient réussi à prendre la fuite, vraisemblablement à bord d’un 4x4 retrouvé incendié à La Courneuve, selon le délégué départemental du syndicat policier Alliance, Christophe Ragondet, qui s’est rendu sur place. Les trois malfaiteurs ont tiré sur les convoyeurs au moment où ces derniers descendaient de leur fourgon de la société TAS, peu après 5h30. L’attaque s’est produite avenue Jean Jaurès, près du métro «Quatre Chemins».

Une attaque d’une rare violence

Le fourgon a été attaqué alors qu'il s'apprêtait à approvisionner une agence BNP Paribas, ont indiqué des sources policières. Les trois malfaiteurs étaient dissimulés sous une porte cochère et équipés d'armes de type Kalachnikov. Selon une source proche du dossier, les convoyeurs transportaient les billets dans des sacs en jute, et non dans des valises «intelligentes», qui maculent les billets d'encre quand elles sont ouvertes par effraction. L’attaque a été d’une rare violence. Plusieurs coups de feu ont été échangés, une dizaine de douilles retrouvées sur les lieux selon la préfecture.

Huit impacts de balles ont été relevés sur le fourgon selon le site du Parisien. Une Renault Kangoo, située à proximité du lieu de l'attaque, a également été touchée, témoignant de la violence des coups de feu. «La portée d’une arme de guerre est conséquente […] C’est un facteur de danger qui montre bien la détermination des malfaisants. La présence de personnes autres, civils non visés, n’arrête pas le tir», s’est inquiété Christope Ragondet.

«La présence policière est nécessaire»

Le convoyeur de fonds grièvement blessé est un membre de l’escorte, chargé d’accompagner celui qui portait les sacs. «On déplore un blessé très très grave. Il a été touché au flanc droit, un peu en-dessous des côtes. C'est une zone où il y a beaucoup d'organes vitaux», a déclaré Christophe Ragondet. Selon lui, la récurrence des attaques de convoyeurs de fonds montre que «la présence policière est nécessaire».

Le blessé a été transporté à l'hôpital Avicenne, à Bobigny. Si l'opération s'est bien déroulée, son pronostic vital restait  engagé en fin de journée, selon une source judiciaire. Le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, s'est rendu sur place. Un important dispositif policier a été déployé sur les lieux pour éloigner les nombreux badauds, a constaté un journaliste de l'AFP. «J'ai entendu des rafales de tirs, ça m'a réveillé, c'était impressionnant», a déclaré un habitant du quartier qui souhaite rester anonyme.

«J'aurais pu être dans ma voiture et prendre la balle en pleine tête»

Plusieurs témoins interrogés sur place ont également fait état de la violence du braquage. «Cette attaque nous a surpris. On a eu peur», a renchéri le propriétaire du véhicule touché par un impact de balle, qui se trouvait dans une brasserie située face au métro au moment des faits. «Je prenais un café avant d'aller au travail. Quand on a entendu les tirs, on s'est tous cachés derrière le mur», a raconté ce jeune homme. «J'aurais pu être dans ma voiture et prendre la balle en pleine tête», a-t-il ajouté, se disant «choqué».

Selon une employée du bar, Christine Fernandez, arrivée une vingtaine de minutes après l'attaque, «ce n'est pas la première fois» qu'un braquage a lieu sur cette avenue, proche du périphérique et de la porte de la Villette. «Il y en a déjà eu un l'année dernière», a-t-elle poursuivi. Les syndicats réclament une sécurité renforcée. C'est la troisième attaque d'un fourgon blindé de la société TAS en moins de deux mois en Seine-Saint-Denis, après celles de Bagnolet, le 7 avril, et de Montreuil, le 14 mai. Ces deux précédentes attaques s'étaient soldées par des échecs.

Une augmentation de 75% des vols à main armée

Le nombre de vols à main armée visant les entreprises de transports de fonds a augmenté de 75% sur douze mois glissants entre mai 2011 et avril 2012, par rapport à la même période un an auparavant, selon le bilan mensuel de l'Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP). L'enquête, conduite par la Juridiction interégionale spécialisée (Jirs) a a été confiée à la brigade de répression du banditisme (BRB) de la police judiciaire parisienne.

Des syndicats de convoyeurs de fonds ont réagi. FO a demandé, comme la CFDT, premier syndicat du secteur, à être reçu par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls «pour évoquer les problèmes de sécurité dans les entreprises de cette branche d'activité». La CFDT, FO et la Fédération (patronale) professionnelle du transport de fonds réclament également la publication rapide d'un décret qui doit renforcer la sécurité des professionnels du transport de fonds, négocié avec le gouvernement précédent et qui devait être publié avant la présidentielle.

Photo envoyée par un internaute de 20 minutes.

C.B. avec AFP
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