Luka Rocco Magnotta est recherché pour le meurtre d'un jeune homme au Canada dans la nuit du 24 au 25 mai 2012.
Luka Rocco Magnotta est recherché pour le meurtre d'un jeune homme au Canada dans la nuit du 24 au 25 mai 2012. - NEWSCOM/SIPA

William Molinié

Des pistes de plus en plus sérieuses. D'heure en heure, les policiers de la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF) se rapprochent de Luka Rocco Magnotta. Ils sont désormais certains que le «dépeceur canadien», dont le portrait a été publié par Interpol jeudi, séjourne toujours en région parisienne depuis son arrivée en France le 26 mai. Selon nos informations, le suspect ne serait pas seul.

Dès mardi soir, deux Canadiens auraient effectué une réservation dans un hôtel du quartier des Batignolles (17e), à Paris, où il a été aperçu jeudi par le gérant d'un bar. Luka Rocco Magnotta serait donc accompagné d'un homme que les enquêteurs tentent d'identifier. L'homme de 29 ans, ancien acteur porno, est soupçonné d'avoir tué puis découpé à l'aide d'un pic à glace un homme à Montréal dans la nuit du 24 au 25 mai et d'en avoir publié la vidéo sur Internet.

Des revues pornographiques dans ses affaires

Les enquêteurs ont d'ailleurs tenté samedi de l'interpeller dans un hôtel de Bagnolet (Seine-Saint-Denis), proche d'une gare routière européenne, après qu'un des salariés a signalé sa présence. Mais le suspect avait déjà quitté sa chambre où un sac de voyage contenant des revues pornographiques a été retrouvé. «Il y avait aussi des sacs à vomi de la compagnie aérienne qu'il a utilisée pour venir en France», précise une source, confiante dans «l'interpellation prochaine du suspect».

Mais dimanche, personne n'était en mesure de dire s'il était toujours en France. Un téléphone portable qui semble attribué à Magnotta a été repéré plusieurs fois durant le week-end, notamment samedi dans l'Est parisien.

«Tout le monde pense l'avoir aperçu»

Depuis l’avis de recherche publié par Interpol, les policiers doivent désormais faire face aux nombreux (faux) signalements que font les Français, pensant avoir croisé ou vu Magnotta. «La ligne téléphonique de l’officier de police judiciaire ne cesse de sonner», explique un policier du commissariat du 17e. «Lorsque les policiers sont venus pour recouper les infos, ils nous ont expliqué qu’ils avaient reçu près de 10.000 mails provenant de tous les commissariats de France. Tout le monde pense l’avoir aperçu», raille Harold, un employé de l’hôtel des Batignolles où Magnotta aurait séjourné.

Depuis ce week-end, plusieurs établissement du quartier affichent, derrière leur comptoir, la photo du suspect. «A mon avis, il est bien loin d’ici. S’il revient là, il sera grillé très rapidement», assure un riverain.

Recherché dans 190 pays

Les enquêteurs français peuvent s'appuyer sur l'aide de leurs homologues canadiens qui «ciblent son profil psychologique». Quant à la «notice rouge», elle a été diffusée dans les 190 pays membres d'Interpol.