Trois jeunes juifs portant la kippa ont été agressés samedi soir à Villeurbanne, dans la banlieue de Lyon, par une dizaine d'individus qui les ont frappés à coups de marteau et de barre de fer, des actes "d'une extrême gravité" dénoncés par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.
Trois jeunes juifs portant la kippa ont été agressés samedi soir à Villeurbanne, dans la banlieue de Lyon, par une dizaine d'individus qui les ont frappés à coups de marteau et de barre de fer, des actes "d'une extrême gravité" dénoncés par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls. - Menakem Kahana afp.com

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Trois jeunes juifs portant la kippa ont été agressés samedi soir à Villeurbanne, dans la banlieue de Lyon, par une dizaine d'individus qui les ont frappés à coups de marteau et de barre de fer, des actes «d'une extrême gravité» dénoncés par le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

Une attaque délibérée contre notre modèle républicain

Un des jeunes agressés a eu une plaie ouverte au crâne et une jeune fille a été atteinte à la nuque, selon le ministère de l'Intérieur. Brièvement hospitalisés, ils sont ressortis tous les trois de l'hôpital samedi soir avec cinq jours d'interruption totale temporaire, a précisé la police à l'AFP. Manuel Valls a qualifié cette agression antisémite «d'une extrême gravité» et rappelé «sa détermination à lutter contre toute agression à caractère religieux».

«Ces actes d'une extrême gravité sont une attaque délibérée contre notre modèle républicain qui doit permettre à tous, sans distinction, de vivre librement et en toute sécurité son appartenance religieuse», selon le communiqué du ministère de l'Intérieur.

«Manuel Valls assure de la mobilisation totale des services de police sur place afin que les auteurs de cette agression soient, comme le prévoient les lois de la République, interpellés et mis à la disposition de la justice», ajoute-t-il. Les faits se sont déroulés samedi vers 18h30 à proximité de l'école juive Beth Menahem de Villeurbanne. Trois jeunes juifs d'une vingtaine d'années, portant une kippa ont été «insultés et bousculés par trois individus».

Les agresseurs, rejoints quelques minutes plus tard par «une dizaine de personnes» armées, sont revenus à la charge. S'en est suivi un «échange de coups» durant lequel «deux des trois jeunes» ont reçu «un coup de marteau et un coup de barre de fer au niveau de la tête», selon la police. Le troisième jeune a été frappé au bras.

A leur sortie de l'hôpital, les trois victimes ont déposé plainte après avoir été entendus par les services de police, qui ont ouvert une enquête. Selon la police, des patrouilles supplémentaires ont été affectées à Villeurbanne afin de «renforcer la sécurisation du secteur». Pour l'heure, aucune interpellation n'avait eu lieu.

Se méfier du délit de faciès

La police lyonnaise a confirmé n'avoir pas souhaité jusqu'à dimanche soir rendre publique l'agression, rendue publique par Valls, invoquant «le secret de l'enquête» par souci d'efficacité. «On cherche les auteurs dans la plus grande discrétion», a déclaré un responsable policier.

Le Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme (BNVCA) a réagi à cette «agression violente antisémite». Les agresseurs, décrits comme étant «d'origine maghrébine», ont «proféré des insultes en rapport avec la religion juive» des victimes, avant de les agresser physiquement, selon le BNVCA.

«Nous demandons à la police de tout mettre en oeuvre pour identifier et interpeller les auteurs, que les victimes sont en mesure de reconnaître», ajoute l'organisation dans un communiqué.

«On est au XXIème siècle et on a des jeunes qui sont agressés à coups de barre de fer et de marteau parce qu'ils portent une kippa», a réagi Alain Jakubowicz, président de la Licra et avocat lyonnais, interrogé par l'AFP.

Evoquant le fait que les agresseurs semblent être d'origine maghrébine, il a appelé à «se méfier du délit de faciès», alors que l'enquête reste en cours, tout en évoquant les tensions entre communautés arabe et juive autour du conflit israélo-palestinien, «avec l'identification du juif au sioniste».

Les réactions indignées des maires

Le maire Ps de Villeurbanne Jean-Paul Bret a exprimé son indignation dimanche soir après l'agression de trois jeunes issus de la communauté juive survenue samedi en fin de journée à Villeurbanne. «L'un d'eux, blessé au cuir chevelu par un coup de marteau a dû être hospitalisé à la clinique du Tonkin, indique dimanche soir dans un communiqué le maire de cette commune voisine de Lyon, précisant qu' en l'état actuel des investigations, il semblerait que le caractère antisémite de l'agression soit retenu».

Le maire PS de Lyon Gérard Collomb a également dénoncé cette agression «inadmissible». «Elle témoigne de comportements antisémites que nous ne saurions tolérer dans l'agglomération lyonnaise où, depuis des années, avec les responsables des différentes religions et avec toutes les communautés, nous œuvrons pour que chacun puisse vivre dans la concorde et la solidarité», rappelle le maire, qui demande que tout soit fait pour appréhender les auteurs de cette agression.

«La haine et l'antisémitisme ne peuvent avoir la moindre place dans notre société. La recrudescence des agressions et des manifestations à caractère xénophobe dans l'agglomération lyonnaise, ces derniers mois, appelle à la plus grande fermeté de la part des pouvoirs publics et à la mobilisation de la part de tous les citoyens»,a pour sa part estimé dans un communiqué Philippe Meirieu, conseiller régional Rhône-Alpes, candidat EELV investi par le PS aux législatives dans la 1ere circonscription du Rhône.