Pau: Un après la disparition du jeune Alexandre, le mystère reste entier

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Publié le 2 juin 2012.

FAIT DIVERS - Malgré 2.000 procès verbaux rédigés et des centaines de personnes interrogées, les enquêteurs restent bredouilles...

Il y a un an, le 4 juin vers 22h50, disparaissait Alexandre Junca, jeune sans histoires de 13 ans, à seulement 200 mètres de chez son père, à Pau. Depuis, son corps démembré a été retrouvé. Mais les enquêteurs ont peu avancé sur ce crime qui a ébranlé la ville.

Dans les jours ayant suivi la disparition, dans Pau mobilisée, les avis de recherche de cet adolescent brun au regard vert et doux s'étaient multipliés. Jusqu'à la terrible découverte d'un fémur, le 26 juin, puis d'autres restes, les 19 et le 20 octobre 2011 sous une digue provisoire édifiée sur le Gave, la rivière traversant Pau.

C'était presque la totalité du corps démembré de l'adolescent, victime d'un macabre crime qui mobilise aujourd'hui encore, sous la direction de la police judiciaire de Pau, la PJ de Bayonne, la Direction interrégionale de la Police judiciaire de Bordeaux, et des policiers de l'Office central pour la répression des violences aux personnes.

Une centaine de personnes interrogées

Mais, en dépit des quelque 2.000 procès verbaux rédigés et des centaines de personnes interrogées, les enquêteurs restent bredouilles.

«Un jour on tombera sur le bon, j'y crois, ce n'est pas possible que notre travail n'aboutisse à rien», assure une source proche de l'enquête, selon laquelle les policiers «sont à fond dessus».

La dernière trace de vie du jeune adolescent est attestée par une caméra de surveillance le 4 juin à 22 h 51. Le domicile de son père, à qui il avait annoncé qu'il arriverait à 23h00, est à quelques pas.

«A-t-il suivi quelqu'un de son plein gré? Quelqu'un qu'il connaissait? A-t-il été contraint? Il avait presque 14 ans, on ne se laisse pas faire à cet âge», s'interroge une source proche du dossier.

Toutefois, assure-t-on de même source, la police a des «pistes». «Des éléments constants de l'enquête nous ramènent à Pau. Une disparition le 4 juin, une découverte du fémur le 26 juin puis le reste du corps démembré, le 19 octobre, toujours dans cette ville».

«Cela ne veut pas dire que la personne ou les personnes qui ont fait cela sont toujours sur Pau, mais en tout cas elle(s) connaissent bien la ville».

«Nous sommes face à un fantôme»

De très nombreuses pistes ont été explorées: camarades d'Alexandre, déséquilibrés, personnes connues pour des délits sexuels. Sans succès. «Mais on découvre encore des éléments», ajoute la source proche de l'enquête.

Plus qu'à un «serial killer» les policiers pensent avoir à faire à une personne qui aurait agi dans l'instant, en rencontrant Alexandre ce soir-là.

Ils sont intrigués par la manière dont le corps démembré s'est retrouvé sous les gravats jetés le 20 juin dans la rivière, et se demandent, entre autres hypothèses, si l'auteur du meurtre n'a pas, à dessein, jeté les morceaux du corps juste avant le déversement de ces gravats, afin qu'on ne les retrouve pas.

Les policiers n'excluent pas non plus que le corps d'Alexandre ait pu être conservé par congélation entre le moment de sa mort et le moment où les parties de ce corps ont été jetées à la rivière.

Pendant ce temps, pour ses parents, qui recevront dans les jours à venir les restes du jeune homme, la douleur reste entière.

«Nous sommes face à un fantôme. Un fantôme ou des fantômes qui ont commis un acte horrible dans des circonstances monstrueuses», témoigne Me Pierrette Mazza-Capdevielle, avocate de la mère d'Alexandre, Valérie Lance.

«Mme Lance (...) s'interdit de penser que l'enquête n'avancera pas. Elle porte toute la famille. C'est elle le soutien. Elle ne veut pas craquer», poursuit-elle en précisant que sa cliente a encore deux filles.

Ces parents, «vivent au rythme des montagnes russes. Ils émergent puis retombent dans des grands questionnements et du mal être», témoigne aussi Me Emmanuelle Leverbe, l'avocate de son père.

© 2012 AFP
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