Les mères se voient comme les véritables chefs de famille

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Publié le 1 juin 2012.

EXCLUSIF - Pour la Fête des mères, une étude analyse leur quotidien...

Elles cumulent tous les rôles et veulent y exceller. Selon une étude du groupe de produits de grande consommation P & G (Procter & Gamble) sur l'évolution de la maternité en Europe, dévoilée en exclusivité par 20 Minutes, 54% des mamans françaises estiment qu'elles s'apparentent plus à des chefs de famille qu'à des femmes au foyer traditionnelles. Car la majorité d'entre elles sont à la fois en charge de l'organisation de la famille et soutiennent leur foyer en travaillant.

Une culpabilité courante

Une multiplicité de rôles difficiles à concilier, d'où leur impression d'être sans cesse tiraillées entre leur vie professionnelle et leur vie privée et un sentiment de culpabilité chez 86% d'entre elles. «Les femmes subissent une pression sociale constante, car elles sont censées réussir tous les pans de leur vie. C'est un challenge permanent, qui génère beaucoup d'insatisfactions et une fuite en avant, car elles ont le sentiment de ne jamais être à la bonne place. Or, le secret du bonheur est d'habiter le présent», commente le psychiatre Serge Hefez.

Un quotidien d'autant plus ardu en temps de crise, deux femmes sur cinq estimant qu'il est plus difficile d'être une bonne mère dans ce contexte. «Elles subissent à la fois leur propre stress professionnel et celui de leur conjoint, car les pressions au travail augmentent, tout comme la peur du chômage», souligne le psychiatre.

Les pères peu assidus aux travaux ménagers

Et pas question pour elles de demander de l'aide extérieure pour alléger leur quotidien. Dans les trois quarts des cas, elles sollicitent uniquement leur compagnon pour assurer la garde des enfants, qui ne les aident que quatre heures par semaine, le chiffre le plus bas constaté en Europe occidentale. «Elles ont beaucoup intériorisé l'image de la Wonder Woman autonome et se sentent en échec lorsqu'elles demandent de l'aide. D'une certaine manière, ce qui s'est joué avec la révolution féminine s'est retournée contre elles», insiste Serge Hefez.

Idem pour les travaux ménagers, c'est souvent elles qui s'y collent, puisque les pères n'y consacrent que 34 minutes par jour… «Et tant qu'il n'y aura pas un réel partage des responsabilités, les femmes ne seront pas guéries de leur culpabilité», conclut Serge Hefez.

delphine bancaud

La méthodologie de l'étude

Réalisée par le Centre de recherches sur les questions sociales pour P & G d'octobre à décembre 2011, elle repose sur l'examen de statistiques de 1930 à nos jours et sur une étude qualitative portant sur 9.582 mamans dans 13 pays (dont 1.000 françaises).

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