Des candidats face à la « Marion-nette »

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Publié le 31 mai 2012.

reportage Dans la 3e circonscription du Vaucluse, Front de gauche et Parti socialiste sont désunis

Juste avant sa réunion publique à Pernes (Vaucluse), le député Jean-Michel Ferrand (UMP), candidat à sa propre succession, procède à un petit rituel : une distribution de chèques aux associations locales. Ce soir, l'épicerie sociale recueille 2 000 € ; la chorale du coin, 1 500 ; et l'association qui s'occupe de la propreté de la rivière, 2 000. Au total, 100 000 € de fonds de réserve parlementaire que l'élu va distribuer, légalement, à travers la 3e circonscription. « J'ai obtenu des choses pour toutes les communes », se vante le député qui a fait de cet « ancrage local » son principal argument face au FN, qui a fait ici 31,5 % des voix à la présidentielle, son meilleur score, contre 27,65 % pour Sarkozy. Et a investi en catastrophe dans cette « circo » prenable, Marion Maréchal-Le Pen, 22 ans et petite-fille de Jean-Marie Le Pen.
Jean-Michel Ferrand oppose son « implantation » au parachutage de « Marion-nette » dans « un département frondeur, longtemps terre papale, qui ne reconnaît pas l'autorité de Paris ». Il n'entend donc pas battre spécialement le pavé. « J'ai trois permanences et suis sur les marchés toute l'année. » Tout juste concède-t-il que c'est « moins facile » pour lui de « taper » sur une novice. « J'aime quand ça sent la poudre, lance-t-il, bravache. Mais là, ça va sentir la poudre de riz ! »
Face à cette « campagne clientéliste », Roger Martin, le candidat du Front de gauche (FG), oppose le « terrain ». Comprendre marchés et porte-à-porte. « C'est la seule solution. Pendant des années, j'ai participé à des manifestations où l'on criait : “F comme fasciste, N comme nazi.” Je ne le ferai plus », lâche-t-il. « Ça use, je ne vais pas y passer ma vie », glisse celui qui évoque des « positions durcies » chez les électeurs.

Mutisme des instances nationales
Sur le marché de Vedène, Catherine Arkilovitch, la candidate socialiste, en fait l'expérience. Quand elle s'approche des électeurs, une majorité lui fait signe de s'en aller. Le Vaucluse « n'est pas une terre de gauche », mais le PS et le FG ne se sont pas mis d'accord sur une candidature commune. Catherine Arkilovitch évoque même les « tensions » avec Roger Martin. La candidate regrette qu'il n'y ait pas une plus grande mobilisation anti-FN dans le département. « Je ne comprends pas le mutisme des instances nationales. » Elle aurait voulu organiser un grand raout avec des figures anti-FN connues « comme BHL ». Mais « on m'a demandé de me taire », regrette-t-elle. Autre sujet de discorde avec son parti : elle n'appellera pas à un front républicain contre le FN au second tour. « Ferrand est membre de la droite populaire. Il n'est pas un républicain. » Si elle ne passe pas le premier tour, elle ne donnera aucune consigne. « Je voterai blanc. » Au moins un point d'accord avec Roger Martin. Déjà candidat en 1997, il avait appelé à l'époque à voter Ferrand pour faire barrage à l'extrême droite. « Ça fait cinq ans qu'il met tout sur le dos des immigrés. Il a rempli le fossé qui le séparait du FN. » « Qu'il se batte donc seul au second tour pour montrer qu'il est différent ! », conclut-il. Dans ce contexte de divisions, Marion Le Pen compte faire la différence.

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