Illustration: Un surveillant de prison, dans la centrale d'Ensisheim, dans le Haut-Rhin.
Illustration: Un surveillant de prison, dans la centrale d'Ensisheim, dans le Haut-Rhin. - P.SAUTIER / SIPA

Enora Ollivier

Les surveillants de prison ne décolèrent pas. Depuis le 4 avril dernier, le personnel pénitentiaire multiplie les actions –une journée de mobilisation était ainsi organisée ce mercredi- pour réclamer la prise en compte par les pouvoirs publics de la dégradation de leurs conditions de travail.

Sans connaître encore le nom du nouveau ministre de la Justice, les surveillants attendent ainsi beaucoup du changement de gouvernement. «Nous avons rencontré les équipes des candidats pendant la campagne, notamment André Vallini [sénateur de l’Isère et chargé du pôle justice dans l’équipe de François Hollande, ndlr] qui a pris plusieurs engagements», explique Christophe Marques, secrétaire général de FO-pénitentiaire.

67.000 détenus pour 48.000 places

Parmi ces promesses: la tenue, dans le mois suivant la nomination du nouveau gouvernement, d’un grand débat «pour mettre sur la table ce qui va et ce qui ne va pas» pour, après les législatives, entamer une révision des réformes.

Le syndicat entend interpeller, dès vendredi, le nouveau Garde des Sceaux, pour être reçu au plus vite et évoquer les dossiers qui posent problème. Selon FO-pénitentiaire, la dégradation des conditions de travail du personnel est intimement liée à la surpopulation carcérale. «Au  1 er avril, il y avait plus de 67.000 détenus pour moins de 48.000 places», explique Christophe Marques, pointant en conséquence «un taux d’oisiveté» des prisonniers très élevé et des «personnels pris à partie».

Réforme statutaire

«Comment gérer autant de détenus avec toujours moins de personnel?» s’interroge le syndicaliste, qui demande que soit vraiment examinée «la cohérence de la politique pénitentiaire». Ainsi, détaille-t-il, François Fillon a voulu plusieurs réformes -l’augmentation des peines alternatives à la prison, comme le bracelet électronique, ou le transfert de la charge du transport des prisonniers de la police et de la gendarmerie au personnel pénitentiaire– le tout sans augmentation des moyens.

Les personnels entendent aussi mener à bien une réforme statutaire. «Après les policiers, et les gendarmes, nous constituons la troisième force de sécurité en France», soutient Christophe Marques, qui réclame une meilleure «reconnaissance» du travail du personnel. Aussi les surveillants comptent sur le nouveau ministre –quel qu’il soit– pour être écoutés.