Manifestation des indignés à Paris, le 10 décembre 2011.
Manifestation des indignés à Paris, le 10 décembre 2011. - RAPHAEL BODIN / SIPA

Une nouvelle Journée mondiale des indignés aura lieu samedi 12 mai, un an tout juste après le début du mouvement alternatif des «Indignados» en Espagne. En France, des groupes mèneront localement des actions pour débattre sur le thème de «démocratie réelle» ou de la lutte contre le capitalisme financier. Mais ils ne devraient concerner que quelques dizaines de personnes à chaque fois, seulement.

Le 15 octobre dernier, ils étaient plus de 500.000 à défiler à Madrid, plusieurs dizaines de milliers à Rome et dans les 666 autres villes engagées à l’époque dans le mouvement international, aux dires du site 15octobre.net. Mais seulement quelques centaines à Paris... Pour cette nouvelle Journée mondiale des indignés, à venir samedi, trois jours avant un appel à la grève générale, le mouvement devrait une nouvelle fois rester marginal en France.

«Les gens sont sécurisés par le chômage et la sécu»

Pourquoi ce mouvement a-t-il du mal à «prendre» en France, pays pourtant réputé pour ses manifestations? Pour David, Indigné lillois, «c’est le contexte de résignation qui explique cela, tout comme le fait que le pays soit encore relativement protégé. Les gens sont sécurisés par le chômage et la sécu. Ils se mobiliseront quand ils n’auront plus rien dans leur porte-monnaie! Tant que les gens ne sont pas devant le mur, ils ne se réveillent pas!», regrette-t-il. Ce qui compte pour lui, au-delà du comptage pur et simple, c’est de travailler sur le long terme, de faire de l’éducation populaire, de débattre autour de thèmes aussi divers que l’agriculture, l’environnement ou le logement... Une participation sans hiérarchie, «horizontale», et en toute liberté, «selon sa disponibilité».

Ce caractère confidentiel, diffus et spontané de ces groupes «politiques apartisans» militant pour la réappropriation de l’espace public, explique en partie ces difficultés à mobiliser en France, selon Stéphane Sirot, universitaire spécialiste des mouvements sociaux. Surtout, cette faible participation s’explique par la «présence importante du syndicalisme et des partis politiques, encore mobilisateurs, comme on n’a pu le voir au moment des manifestations contre la réforme des retraites en 2010.»

 

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