Quartier général des pompiers de Paris, Caserne Champerret. Le centre opérationnel des pompiers à Paris le 03 fevrier 2012.
Quartier général des pompiers de Paris, Caserne Champerret. Le centre opérationnel des pompiers à Paris le 03 fevrier 2012. - ALEXANDRE GELEBART/20 MINUTES

V.V.

«Tous les équipiers passent au bizutage.» Julien* était donc bien conscient qu’il allait y passer. Mais, ce pompier professionnel de Paris, membre de l’équipe de gymnastique, ne se doutait pas que ça se terminerait de cette manière-là. Dimanche soir, il a déposé plainte au commissariat de 17e arrondissement de Paris pour «viol en réunion» et «violences volontaires en réunion» à l’encontre de plusieurs de ses co-équipiers, membres de l’équipe de gymnastique des Sapeurs pompiers de Paris. Une plainte que 20 Minutes a pu consulter.

Une compétition à Colmar

L’affaire se serait produite, dimanche matin, lors du retour en bus de l’équipe de gym qui s’était illustrée lors d’une représentation à Colmar (Haut-Rhin). Après avoir été invité à chanter une chanson et à raconter des blagues au micro du bus, le jeune homme de 23 ans aurait rejoint les «anciens» de l’équipe dans le fond du véhicule. Bousculades, claques de tout côté, le pompier aurait alors été encerclé et se serait retrouvé en quelques minutes nu. Placé à plat ventre sur une banquette, il aurait commencé à subir des violences de plus en plus intenses selon la plainte. «J’ai subi des tapes sur les fesses, des pincements (…) ce qui a provoqué des saignements et des hématomes.» «Quand le sang a commencé à couler», l’un des agresseurs présumés aurait également mordu le jeune homme.

«Tu es fou, tu vas ramasser!»

Le bizutage se serait sans doute terminé là si la victime n’avait pas montré son exaspération face à ce qui venait de lui arriver. «Tu es fou, tu vas ramasser!» lui aurait alors dit l’un des «anciens». De retour dans le fond du bus, le jeune homme se retrouve «bloqué» par ses agresseurs présumés, toujours selon les termes de sa plainte. «J’ai alors senti une pénétration anale avec des doigts.» Julien affirme avoir aperçu, sur le côté, un autre de ses co-équipiers en train de «broyer une petite bouteille en plastique» de manière à en faire «un serpentin». «J’ai alors senti que la bouteille en plastique a été introduite dans mon anus», assure-t-il encore aux policiers. «Tout d’un coup, tout s’est arrêté naturellement. J’ai ramassé mes affaires. En retournant à ma place, tous les anciens m’ont dit “Félicitations”…»

Une série d'auditions dès mercredi

De retour à Paris, le jeune homme s’est rendu à l’hôpital pour subir des examens médicaux avant d’aller déposer plainte au commissariat du 17e arrondissement de Paris. Impliquant des sapeurs pompiers de Paris, donc des militaires, l’affaire a été confiée à la section de recherches de la gendarmerie nationale. Selon nos informations, tous les acteurs de cette affaire seront entendus mercredi matin, lors d’une audition à la gendarmerie, dans le 20e arrondissement de la capitale. Contactée par 20 Minutes, la direction des sapeurs-pompiers de Paris n’était pas joignable dans l’immédiat.

*Le prénom a été modifié