La Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) a émis un avis favorable à la déclassification de 65 documents de Matignon, des Affaires étrangères et de la Défense relatifs au volet financier du dossier judiciaire de l'attentat de Karachi.
La Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) a émis un avis favorable à la déclassification de 65 documents de Matignon, des Affaires étrangères et de la Défense relatifs au volet financier du dossier judiciaire de l'attentat de Karachi. - Bertrand Guay afp.com

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La Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) a émis un avis favorable à la déclassification de 65 documents de Matignon, des Affaires étrangères et de la Défense relatifs au volet financier du dossier judiciaire de l'attentat de Karachi. Quatre avis de la CCSDN, publiés ce vendredi au Journal officiel, se prononcent pour la déclassification de 65 documents et la déclassification partielle de quatre autres et refusent la déclassification de deux documents.

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La CCSDN s'est prononcée lors d'une réunion le 19 avril. Il revient maintenant aux autorités gouvernementales concernées de suivre ou non ces quatre avis. Les avis de la CCSDN sont quasiment toujours suivis. Une quinzaine d'avis ont déjà été donnés par la CCSDN dans le dossier de l'attentat de Karachi du 8 mai 2002, où 11 Français avaient été tués. Les deux tiers de ces avis ont été favorables à la déclassification, le dernier tiers étant partiellement favorable ou défavorable.

Requêtes en déclassification du juge Van Ruymbeke

Le Premier ministre François Fillon, le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé et le ministre de la Défense Gérard Longuet avaient été saisis dans le courant du mois de mars de requêtes en déclassification par le juge d'instruction Renaud Van Ruymbeke. Ce magistrat est chargé de l'information ouverte pour «abus de biens sociaux, complicité et recel» à propos de deux contrats d'armements, dont l'un est lié à l'attentat de Karachi.

Dans ce volet, Ziad Takieddine, intermédiaire de ces contrats d'armement conclus en 1994, a été mis en examen à trois reprises, dont la dernière fois le 24 avril, pour «complicité et recel d'abus de biens sociaux» et pour «blanchiment aggravé». Le volet financier du dossier Karachi est instruit sur fond de soupçons de financement illicite de la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.

L'enquête du magistrat est menée dans le cadre des contrats conclus avec le réseau Takieddine/El Assir par le groupe de construction navale militaire DCNS (ex-Direction des constructions navales) dans le cadre du contrat des sous-marins conventionnels Agosta, avec le Pakistan, et par la Sofresa dans celui des vedettes Sawari II, avec l'Arabie saoudite.