Un médecin violemment agressé par les proches d'une malade au CHU de Grenoble

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Publié le 2 mai 2012.

Un médecin a été violemment agressé et plusieurs membres du personnel du CHU de Grenoble blessés dimanche par une demi-douzaine de personnes mécontentes qu'une de leurs proches ait été hospitalisée dans une chambre sans fenêtre, un «événement exceptionnel», selon la direction de l'hôpital.

Dimanche vers 18h, entre quatre et six personnes ont fait irruption aux urgences de l'hôpital de Grenoble en entrant par une porte interdite au public. «Ils sont allés directement dans le bureau du médecin car la famille avait déjà été reçue dans ce bureau et ils l'ont agressé à coups de poings, de téléphone sur la tête», a raconté Françoise Carpentier, chef du service des urgences, au cours d'une conférence de presse.

«Un événement qui aurait pu être beaucoup plus dramatique»

L'un des agresseurs a tenté d'abattre une chaise sur le crâne du médecin, selon elle. «Heureusement, un aide-soignant avait vu ces personnes. En entendant du bruit, il est intervenu. Le médecin a pu s'enfuir, est allé se réfugier dans un autre endroit du service», a-t-elle ajouté.

Trois brancardiers, renforcés par des vigiles, sont aussi arrivés sur les lieux et permis de maîtriser et de refouler les agresseurs. Au total, le médecin et trois personnes ont été blessés dans l'altercation, dont deux ont fait l'objet d'incapacités temporaires totales (ITT) de travail supérieures à huit jours. Aucune victime n'a été hospitalisée. Le médecin souffre d'un traumatisme crânien et d'un déficit temporaire de l'audition.

«C'est un événement exceptionnel qui aurait pu être beaucoup plus dramatique», a déclaré Françoise Carpentier.

Chambre sans fenêtre

Les agresseurs auraient voulu signifier par la violence leur mécontentement quant aux conditions d'hospitalisation d'une de leurs proches, selon les témoignages du personnel médical. La patiente en question, admise aux urgences dimanche à 12h16, avait été prise en charge trois heures plus tard par un psychiatre. «Ce n'est pas un délai d'attente majeur car la patiente ne présentait aucun état de gravité clinique, elle n'était pas en danger imminent», a souligné Françoise Carpentier.

Hospitalisée pour des troubles psychiatriques à la demande de sa fille, «cette patiente a exigé d'avoir une chambre seule. Au moment où elle était transférée, il n'y avait qu'une chambre sans fenêtre. C'est ce motif-là qui a déclenché toute l'agressivité, toute la violence», a relaté la responsable de service. Une dizaine de chambres de l'hôpital de Grenoble sont ainsi dépourvues de fenêtres.

Alertée dimanche, la police a d'abord été orientée sur une mauvaise piste par le médecin, qui n'avait pas identifié la patiente liée à ses agresseurs.

«On entre aux urgences comme dans un moulin»

Les enquêteurs ont tenté mardi matin d'interpeller un homme identifié grâce aux vidéos de télésurveillance mais ce dernier n'était pas à son domicile, a rapporté Jean-Paul Pecquet, directeur départemental de la sécurité publique de l'Isère. Ce mercredi après-midi, les policiers devaient entendre la fille de la patiente hospitalisée, a-t-il ajouté.

Le docteur Jean-Paul Brion, qui représente le personnel médical dans les instances de l'hôpital grenoblois, a dénoncé une agression «ignoble», qualifiant les agressions à l'hôpital de «phénomène émergent depuis plusieurs années». De son côté, Marc Eybert-Guillon, délégué CGT de l'établissement, a aussi estimé que les agressions survenaient «beaucoup trop souvent». «On entre aux urgences comme dans un moulin: il y a plein d'accès où tout le monde peut rentrer n'importe comment. Et quand il y a trop de patients par rapport aux capacités d'accueil, ça crée de la tension», a-t-il dit.

© 2012 AFP
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