Nouvelle mise en examen dans le scandale de l'amiante

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Publié le 3 avril 2012.

INFO 20MINUTES - Membre du Comité permanent amiante (CPA), Jean-Luc Pasquier a été mis en examen le 8 mars par la juge Bertella-Geffroy...

«Je suis accablé (…) Au cours de ma vie, j’ai connu bien des épreuves et celle-ci est la plus insupportable moralement car elle met en cause mon intégrité, mon honneur et ma probité.» Selon nos informations, Jean-Luc Pasquier, membre du Comité permanent amiante (CPA) a été mis en examen par la juge Bertella-Geffroy le 8 mars dernier.

 Par ses fonctions au sein de la Direction des relations du travail et son appartenance au Comité permanent amiante, il lui est reproché de ne pas «avoir pris les mesures permettant d’éviter les dommages» liés à l’utilisation de l’amiante, «s’agissant en l’espèce de la préservation de la santé et de la vie même des salariés ou étudiants de Jussieu», selon le procès verbal d’interrogatoire de première comparution que 20 Minutes a pu consulter.

 Des relations avec Martine Aubry

Dissous en 1996, le Comité permanent amiante rassemblait des industriels de l’amiante, soupçonnés d’avoir influencé la politique de la France quant à l’utilisation de l’amiante dont il prônait un usage «contrôlé». En clair, une activité de lobbying pour permettre aux industriels de continuer à travailler la «poudre blanche magique» alors même qu’ils connaissaient les risques de son utilisation pour les salariés.

 En janvier dernier, Marie-Odile Bertella-Geffroy avait déjà mis en examen quatre autres membres du CPA, estimant qu’ils ne pouvaient «ignorer» les dangers de l’amiante. Agent de la direction des relations du travail dans les années 1980, Jean-Luc Pasquier a notamment travaillé avec Martine Aubry à cette période-là. Mais, devant la mission parlementaire «Amiante» au Sénat en 2005, il a expliqué que «ses supérieurs ne savaient peut-être même pas que leur direction était représentée aux travaux du CPA». C'est-à-dire que les responsables du ministère du Travail ignoraient jusqu’à l’existence de ce lobby pro-amiante. «On rappellera toutefois que l’action du CPA prenait parfois la forme d’envois de courriers adressés à des ministres eux-mêmes, notaient à l’époque les membres de la mission dans leur rapport. Comment, dès lors, auraient-ils ne pas être au courant?»

 100.000 morts d’ici à 2025

«Avec les mises en examen des membres du CPA, on se rapproche du cœur du réacteur, assure aujourd’hui une source judiciaire. Après eux, la juge Bertella ne pourra pas faire autrement que de s’intéresser aux politiques qui étaient aux manettes à cette époque-là.» Déjà entendue par les gendarmes en janvier 2010 dans le cadre de cette enquête, Martine Aubry avait assuré, à cette époque, qu’elle apporterait «tout son concours» à l’enquête.

 Selon les travaux de l’Inserm, les fibres d’amiante – dont on connaissait la dangerosité dès la fin des années 1960 – pourraient être responsables de 100.000 morts d’ici 2025.

Vincent Vantighem
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