DSK, une immunité diplomatique difficile à défendre face à Nafissatou Diallo

NEW YORK Les avocats de Dominique Strauss-Kahn veulent faire jouer l'immunité diplomatique de l'ancien directeur du FMI...

Nicolas Coisplet, à New York

— 

L'ancien patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le 31 mai 2011 à New York.

L'ancien patron du FMI, Dominique Strauss-Kahn, le 31 mai 2011 à New York. — I. NIKOLOV / WENN / SIPA

Dominique Strauss-Kahn était-il protégé par une immunité diplomatique totale lors de sa rencontre avec Nafissatou Diallo, le 14 mai dernier? La question a longuement été débattue aujourd'hui dans un tribunal du Bronx, à New York, lors de la première audience de la procédure civile engagée pour agression sexuelle par la femme de chambre du Sofitel. Et la bataille menée par les avocats américains de l'ancien directeur du FMI semble mal engagée. Le juge Douglas McKeon, qui doit rendre d'ici deux à trois semaines sa décision sur cette immunité et donc sur la tenue ou non d'un procès, a paru bien sceptique face a la ligne de défense du cabinet William Taylor, qui défend DSK.

Une audience technique

Annoncée particulièrement technique, cette première audience l'a été. Pour les défenseurs de DSK, leur client était protégé par une convention des Nations Unies datant de 1947. Un texte non ratifié par les Etats-Unis, mais respecté par 180 pays, dont plusieurs membres du conseil de sécurité, et qui s'impose a eux, selon Maitre Mehta, du cabinet Taylor. Pendant près d'une heure, le juge et l'avocat ont échangé sur les subtilités juridiques du droit international. Le magistrat a semblé davantage intéressé par les dispositions spécifiques au FMI: «dans les textes du fonds monétaire international, l'immunité est censée s'appliquer dans le cadre des fonctions de ses membres. Pensez-vous que ce qui s'est passé dans la chambre entre Monsieur Strauss-Kahn et Madame Diallo relevait de ses fonctions de directeur du FMI?»

L'avocat de DSK «très confiant»

Le juge McKeon a également demandé aux avocats de DSK pourquoi ils n'avaient pas opposé l'argument de DSK lors de la procédure pénale, au printemps dernier. «Ce n'était pas son intérêt a ce moment-là» a répondu presque maladroitement Me Mehta. A l'issue de cette audience, Kenneth Thompson, l'avocat de Nafissatou Diallo, a surtout évoqué l'état d'esprit de sa cliente: «elle attend depuis des mois un procès, la ligne de défense de Dominique Strauss-Kahn n'est qu'une tentative désespérée d'y échapper.» William Taylor, défenseur de DSK préférait, lui, se montrer optimiste: «nous restons très confiants, le nombre de questions posé par le magistrat face a nos arguments ne signifie rien quant au contenu de la décision qu'il doit prendre.»

Mots-clés :